PREMIÈRE · SES · ÉCONOMIE · CHAPITRE 04

Comment les agents économiques se financent-ils ?

Sommaire du cours

Objectifs d’apprentissage

Ce chapitre explique comment les agents qui disposent d’une peuvent contribuer au de ceux qui souhaitent investir. Vous distinguerez les financements interne et externe, direct et intermédié, puis étudierez le rôle du . Les exemples des ménages, des entreprises et de l’État permettront de comprendre les choix de , d’épargne, d’endettement et les effets économiques possibles d’un déficit public.

Introduction

Acheter un logement, installer une machine ou construire un lycée suppose souvent d’engager des dépenses importantes avant de disposer de toutes les ressources correspondantes. Le permet aux ménages, aux entreprises et aux administrations d’étaler ces opérations dans le temps, en mobilisant leur ou des fonds apportés par d’autres agents.

Certains agents dégagent, au cours d’une période, une épargne supérieure à leurs investissements ; d’autres ont des projets qu’ils ne peuvent financer entièrement avec leurs ressources propres. Prêts et titres mettent ces situations en relation. Le montant disponible, son coût et les risques supportés influencent alors les projets qui pourront être réalisés.

Une distinction est essentielle pour lire les comptes : le revenu se mesure sur une période, tandis que le patrimoine et la sont observés à une date donnée. Emprunter augmente immédiatement les moyens de paiement, mais crée aussi une de remboursement. Une rentrée d’argent n’est donc pas toujours un revenu, et encore moins un enrichissement net.

I. Le financement organise la rencontre entre ressources et projets

A. Une épargne supérieure à l’investissement dégage une capacité de financement

Un agent possède une lorsque son est supérieure à ses investissements non financiers ; si ses investissements dépassent son épargne, il présente un . Cette formule simplifiée suffit à comprendre le raisonnement. La comptabilité nationale prend également en compte les transferts en capital et d’autres opérations d’accumulation.

Dans ce calcul, l’investissement désigne principalement l’acquisition d’actifs non financiers durables, comme une machine, un bâtiment productif ou un logement. Acheter des constitue un placement financier. Un agent qui dégage une capacité de peut justement l’utiliser pour acquérir de tels titres ou prêter à d’autres.

Considérons trois agents fictifs, sur une même année, en l’absence d’autres opérations.

Tableau du chapitre 4
AgentÉpargne annuelle en eurosInvestissement non financier en eurosCapacité ou besoin de financement en euros
Ménage A6 0000Capacité de 6 000
Ménage B6 00010 000Besoin de 4 000
Entreprise C60 000100 000Besoin de 40 000

Le ménage B du tableau épargne une partie de son revenu, mais investit encore davantage : il a donc besoin d’un financement supplémentaire. À l’inverse, une capacité de financement au cours d’une année n’efface pas les dettes anciennes. Le solde calculé mesure une situation de flux, pas le niveau du patrimoine.

B. Le financement peut être interne ou externe

L’ mobilise l’épargne propre de l’agent. Une entreprise peut, par exemple, conserver une partie de ses résultats pour acquérir une machine. Lorsqu’elle fait appel à un prêteur ou à de nouveaux propriétaires, elle utilise un : crédit bancaire, émission d’ ou augmentation de capital par émission d’actions.

Le passe par l’émission de titres achetés par des investisseurs. Le fait intervenir une institution qui finance l’agent et inscrit une créance à son actif, comme une banque accordant un crédit. Cette distinction décrit la structure économique de l’opération ; elle n’empêche pas une banque d’accompagner techniquement une émission de titres.

L’existence d’une capacité de financement chez certains agents ne signifie pas que chaque crédit bancaire doive correspondre à un dépôt d’épargne préalablement constitué. Lorsqu’elle accorde un prêt, une banque peut créer simultanément un dépôt. Nous étudierons ce mécanisme dans le chapitre sur la monnaie. Le crédit ne dispense cependant ni de rembourser ni de disposer des ressources réelles nécessaires à la réalisation du projet.

C. Le taux d’intérêt est un prix du financement

Le mesure, pour une durée donnée, la rémunération du capital prêté. Un prêt fictif de 10 000 euros à 4 % sur un an rapporte 400 euros d’intérêts au prêteur, avant frais et risque de défaut. L’emprunteur doit également rembourser les 10 000 euros de capital. Intérêts et remboursement correspondent à deux obligations différentes.

Le coût d’un financement varie selon sa durée, le risque de défaut et les conditions monétaires. Une entreprise dont les revenus sont incertains peut payer un taux plus élevé qu’un emprunteur jugé très fiable. Parler du « taux d’intérêt » sans préciser l’opération constitue donc une simplification.

Le modèle des représente les ressources proposées au financement et les besoins d’emprunt selon le taux d’intérêt. À autres conditions inchangées, un taux plus élevé accroît l’offre de fonds et réduit les projets que les emprunteurs jugent rentables. Leur rencontre détermine un taux d’équilibre dans ce cadre simplifié, qui ne décrit pas à lui seul toute la création de crédit bancaire.

Figure 6 – Le taux d’intérêt sur un marché fictif des fonds prêtables

La courbe croissante représente l’offre de fonds et la courbe décroissante leur demande. Le taux figure en ordonnée et le volume de fonds en abscisse. Le déplacement de demande dessiné servira à analyser un possible .

II. Les ménages et les entreprises mobilisent des ressources différentes

A. Le revenu disponible des ménages se partage entre consommation et épargne

Le d’un ménage correspond aux ressources qu’il peut affecter à la ou à l’ après les opérations de redistribution. Il comprend notamment les revenus du travail et du patrimoine, majorés des prestations monétaires et diminués des prélèvements directs concernés. Un emprunt n’entre pas dans ce revenu puisqu’il doit être remboursé.

Le partage est simple : revenu disponible = consommation + épargne. Un ménage fictif disposant de 36 000 euros par an et en consommant 30 000 épargne 6 000 euros, soit 16,7 % de son revenu disponible. Il pourra conserver cette somme sur un compte, effectuer un placement ou participer au d’un logement.

Le patrimoine rassemble, à une date donnée, les actifs possédés ; le correspond à ces actifs diminués des dettes. Un ménage peut détenir un logement de grande valeur tout en ayant un revenu modeste. L’épargne, mesurée sur une période, contribue à l’évolution du patrimoine, mais sa valeur varie aussi avec celle des actifs.

Les situations individuelles restent diverses. Un ménage qui épargne régulièrement peut néanmoins s’endetter pour acheter son logement. Inversement, un résultat calculé pour l’ensemble des ménages ne se retrouve pas nécessairement chez chacune des familles qui le composent.

B. L’excédent brut d’exploitation mesure une ressource issue de la production

Pour une entreprise, le chiffre d’affaires ne représente pas la somme disponible pour investir. La production utilise des biens et services achetés à d’autres entreprises : une fois ces consommations intermédiaires déduites, on obtient la . Celle-ci sert notamment à rémunérer les salariés et à acquitter les impôts sur la production.

L’excédent brut d’exploitation () d’une société se calcule à partir de la valeur ajoutée, en retranchant la rémunération des salariés et les autres impôts sur la production, puis en ajoutant les subventions d’exploitation. Pour une entreprise individuelle, le solde correspondant est le revenu mixte, puisqu’il rémunère aussi le travail de l’entrepreneur. L’impôt sur les bénéfices intervient plus tard dans le calcul.

Prenons une société fictive produisant pour 1 000 000 d’euros avec 600 000 euros de consommations intermédiaires. Sa valeur ajoutée atteint 400 000 euros. Après 250 000 euros de rémunération des salariés, 20 000 euros d’impôts sur la production et l’ajout de 5 000 euros de subventions, son EBE est de 135 000 euros.

L’EBE n’est ni le bénéfice net ni la trésorerie disponible : il est calculé avant la consommation de capital fixe et plusieurs autres opérations. Si notre société verse ensuite 15 000 euros d’intérêts, 20 000 euros d’impôt sur les bénéfices et 40 000 euros de dividendes, et si aucune autre opération n’intervient, son épargne brute atteint 60 000 euros. C’est cette ressource conservée qui peut alimenter l’.

C. Les entreprises combinent emprunts et apports de capitaux

La société dispose de 60 000 euros d’épargne brute pour un investissement prévu de 100 000 euros. Elle doit donc trouver 40 000 euros supplémentaires. Un crédit bancaire lui permettrait de les emprunter, moyennant des intérêts et des remboursements. La banque appréciera le risque, les garanties et les revenus attendus du projet.

L’émission d’ constitue une autre forme d’emprunt : chaque titre représente une créance détenue par son acheteur sur l’entreprise émettrice. Les modalités d’intérêt et de remboursement sont fixées à l’avance, mais le risque de défaut ne disparaît pas.

En émettant de nouvelles , l’entreprise reçoit des capitaux propres. L’actionnaire détient une part de la société, avec des droits attachés au titre et éventuellement un si une distribution est décidée. Contrairement à l’obligation, l’action n’impose pas un remboursement à échéance fixe. En contrepartie, les actionnaires existants peuvent voir diminuer leur part dans le capital et leur pouvoir de décision.

Tableau du chapitre 4
InstrumentPosition du financeurRémunération habituelleObligation de l’entreprise
Prêt bancaireCréancier bancaireIntérêtsRespecter le contrat et rembourser le capital
ObligationCréancier détenteur du titreIntérêts selon le contratPayer les sommes dues selon les modalités prévues
Action nouvellePropriétaire d’une part du capitalDividendes éventuels et variation de valeurRespecter les droits associés au titre, sans remboursement ordinaire à date fixe

Lorsque des titres sont émis pour la première fois, leur achat finance directement l’émetteur : c’est le . Les reventes ultérieures se déroulent sur le et ne lui procurent pas directement de nouveaux fonds. La possibilité de revendre facilite toutefois l’achat initial, car l’investisseur n’est pas contraint de conserver son titre jusqu’à l’échéance ou indéfiniment.

III. Le budget de l’État relie financement et activité économique

A. Un déficit budgétaire est financé par l’emprunt

Le résulte de la différence entre recettes et dépenses de l’État sur une période. Les recettes proviennent notamment des impôts, mais aussi de revenus non fiscaux. Si les dépenses dépassent les recettes, le budget enregistre un déficit ; dans le cas inverse, un excédent.

Avec 500 milliards d’euros de recettes et 550 milliards de dépenses, un État fictif présente un déficit de 50 milliards. Il peut le couvrir par l’émission de titres de . Le déficit décrit un flux annuel, tandis que la dette désigne le montant des engagements restant à rembourser à une date donnée.

Si la dette initiale s’élève à 1 500 milliards, elle atteint 1 550 milliards à la fin de l’année dans un exemple sans autre opération. Les emprunts bruts émis pendant l’année peuvent cependant être bien supérieurs au déficit : l’État doit aussi refinancer les titres arrivant à échéance. D’autres ajustements comptables influencent en outre l’évolution de la dette.

Attention au périmètre : le budget de l’État est distinct des comptes des collectivités territoriales et des administrations de sécurité sociale. Le déficit de l’État ne se confond donc pas avec le déficit de l’ensemble des administrations publiques.

B. Dépense publique : soutien à l’activité et risque d’éviction

Quand l’État finance la rénovation d’un lycée, il adresse une commande aux entreprises de travaux. Celles-ci peuvent acheter des matériaux, recruter ou faire davantage travailler leurs équipes. Les revenus ainsi distribués soutiennent à leur tour d’autres achats. Si des capacités de production restent inutilisées, cette augmentation de la demande peut stimuler l’activité.

Une partie des revenus supplémentaires sera cependant épargnée ou dépensée en produits importés, ce qui atténue l’effet immédiat sur la production nationale. Lorsque les entreprises fonctionnent déjà à pleine capacité, une demande supplémentaire peut surtout entraîner une hausse des prix.

L’efficacité de la dépense dépend également de son contenu. Une infrastructure bien conçue peut améliorer durablement la capacité de produire, tandis qu’un projet peu utile mobilisera des ressources pour un résultat limité. Il faut donc examiner la conjoncture, le et les effets attendus à court comme à long terme.

L’ apparaît lorsque le financement public réduit certains investissements privés, notamment en augmentant le coût du crédit. Dans le modèle des , les besoins d’emprunt de l’État déplacent la demande totale de fonds vers la droite. Si leur offre reste inchangée, le augmente ; certains projets privés deviennent alors moins rentables.

La figure 6 illustre cette hausse possible du taux d’intérêt. Les investissements les plus sensibles au coût de financement sont les premiers affectés. L’éviction peut aussi venir de la concurrence pour des moyens matériels limités : entreprises de travaux, main-d’œuvre qualifiée ou matériaux.

L’effet n’est pas systématique. Les capitaux peuvent venir de l’étranger, la politique monétaire modifie les conditions du crédit et l’activité peut disposer de ressources inemployées. En période de faiblesse économique, une commande publique peut même rendre des investissements privés plus attractifs en augmentant les débouchés des entreprises. Relance et éviction dépendent donc des circonstances ; elles peuvent se combiner à des degrés variables.

L’essentiel du chapitre

Le met en relation les projets d’investissement et les ressources disponibles. Lorsque l’ d’un agent dépasse ses investissements non financiers, il dégage une ; dans le cas inverse, il a un besoin. Le représente à la fois la rémunération du prêteur et le coût payé par l’emprunteur.

Les ménages répartissent leur entre et épargne, cette dernière contribuant à l’évolution de leur patrimoine. Les entreprises disposent de ressources issues de leur activité, dont l’ fournit une mesure partielle. Elles peuvent autofinancer leurs projets, emprunter auprès des banques ou sur les marchés, ou émettre de nouvelles pour obtenir des capitaux propres.

Le est un flux à financer, distinct du stock de publique. L’emprunt permet de couvrir les dépenses supérieures aux recettes. Selon l’état de l’économie et les conditions de financement, la dépense publique supplémentaire peut stimuler l’activité ou contribuer à évincer certains projets privés.

Lexique

  • Financement : ensemble des moyens permettant à un agent de couvrir ses dépenses et de réaliser ses projets.
  • Capacité de financement : solde positif du compte de capital ; dans une présentation simplifiée, excédent de l’épargne sur l’investissement non financier.
  • Besoin de financement : solde négatif du compte de capital, nécessitant de mobiliser des ressources financières complémentaires.
  • Revenu disponible : revenu utilisable pour consommer et épargner après prise en compte de la redistribution monétaire.
  • Consommation : utilisation de biens et de services pour satisfaire directement des besoins.
  • Épargne : part du revenu disponible qui n’est pas consacrée à la consommation pendant la période.
  • Taux d’épargne : rapport entre épargne et revenu disponible, exprimé en pourcentage.
  • Patrimoine net : valeur des actifs détenus à une date donnée, diminuée des dettes.
  • Investissement non financier : acquisition d’actifs non financiers destinés à être utilisés durablement, notamment des équipements productifs ou des logements.
  • Valeur ajoutée : valeur de la production diminuée de celle des consommations intermédiaires.
  • EBE : solde de l’exploitation après rémunération des salariés et impôts sur la production, subventions d’exploitation ajoutées.
  • Autofinancement : financement de l’activité ou des investissements à partir des ressources internes conservées par l’agent.
  • Financement externe : ressources obtenues auprès d’autres agents, par endettement ou apport de capitaux.
  • Financement direct : financement par émission de titres acquis par les agents apportant les ressources.
  • Financement intermédié : financement faisant intervenir le bilan d’un intermédiaire financier, notamment une banque.
  • Taux d’intérêt : rémunération d’un capital prêté rapportée à ce capital et à une période définie.
  • Fonds prêtables : ressources offertes et demandées pour le financement dans un modèle où le taux d’intérêt assure leur ajustement.
  • Emprunt bancaire : somme accordée par une banque contre une obligation contractuelle de remboursement.
  • Action : titre représentant une fraction du capital d’une société et les droits associés à cette propriété.
  • Obligation : titre de créance représentant une fraction d’un emprunt émis par une organisation.
  • Dividende : part de revenu distribuée aux actionnaires lorsque l’entreprise décide et peut procéder à une distribution.
  • Marché primaire : marché de l’émission de titres nouveaux qui apporte des ressources à l’émetteur.
  • Marché secondaire : marché de revente des titres existants entre investisseurs.
  • Solde budgétaire : différence entre recettes et dépenses du budget sur une période.
  • Déficit budgétaire : situation où les dépenses budgétaires dépassent les recettes.
  • Dette : stock des engagements financiers restant à rembourser à une date donnée.
  • Relance de la demande : soutien de l’activité par une augmentation des dépenses adressées aux producteurs.
  • Effet d’éviction : réduction de dépenses privées provoquée notamment par un renchérissement ou une mobilisation du financement liée à l’action publique.

Exercices corrigés

Exercice 1 – Pourquoi posséder un patrimoine important ne signifie-t-il pas disposer d’une capacité de financement ?

Type : Question de raisonnement

Énoncé. Un ménage possède un logement dont la valeur est importante, mais ses revenus courants couvrent difficilement ses dépenses habituelles. Il souhaite financer de nouveaux travaux sans disposer d’une suffisante.

Expliquez pourquoi ce ménage peut présenter un malgré l’importance de son patrimoine.

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Corrigé. Le patrimoine correspond à l’ensemble des actifs possédés par un agent économique, diminué de ses dettes lorsqu’on raisonne en . La capacité ou le besoin de dépend, quant à lui, de l’équilibre entre les ressources dégagées pendant une période et les dépenses d’investissement à financer.

Un agent dispose d’une lorsque son épargne et ses autres ressources pertinentes sont supérieures à ses dépenses d’. À l’inverse, il présente un besoin de financement lorsque ces ressources sont insuffisantes pour couvrir ses investissements.

Dans notre exemple, le ménage possède un logement de valeur importante. Cependant, ce patrimoine immobilier ne constitue pas directement une somme d’argent disponible pour régler les travaux. Le ménage peut donc présenter un besoin de financement malgré une richesse patrimoniale élevée.

Il peut éventuellement mobiliser une partie de son patrimoine en vendant un actif ou utiliser celui-ci comme garantie pour obtenir un crédit. Toutefois, l’existence d’un patrimoine important ne garantit pas automatiquement l’accès au financement : le prêteur examine également les revenus, les dettes et la capacité de remboursement.

Il faut donc distinguer la richesse patrimoniale, les liquidités disponibles et la capacité de financement.

Exercice 2 – Pourquoi le taux d’intérêt représente-t-il à la fois un coût et un revenu ?

Type : Application chiffrée

Énoncé. Un particulier prête directement 8 000 € à une entreprise pendant un an. Le contrat prévoit un annuel fixe de 5 %, sans frais supplémentaires.

Calculez les intérêts versés à l’issue de l’année et expliquez pourquoi le taux d’intérêt représente simultanément un coût pour l’emprunteur et un revenu pour le prêteur.

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Corrigé. Le taux d’intérêt représente le prix payé pour disposer temporairement de fonds empruntés. Il constitue une rémunération pour le prêteur, qui renonce pendant une période déterminée à utiliser lui-même les ressources prêtées et supporte un risque de non-remboursement.

Dans notre exemple, le montant initial du prêt est de 8 000 € et le taux annuel est de 5 %. Les intérêts dus à l’issue de l’année sont donc égaux à 8 000 × 0,05 = 400 €. L’entreprise devra rembourser 8 000 + 400 = 8 400 €.

Pour l’emprunteur, les 400 € constituent le coût financier du crédit. Pour le prêteur, ils représentent le revenu contractuel obtenu en contrepartie de la mise à disposition des fonds. Le taux d’intérêt permet donc de coordonner les décisions des agents qui souhaitent emprunter et celles des agents disposés à prêter.

Il convient toutefois de distinguer le taux nominal du taux réel, qui tient compte de l’évolution du niveau général des prix. De plus, lorsqu’un crédit est accordé par une banque, le taux payé par l’emprunteur n’est pas nécessairement identique à celui que la banque verse à ses déposants.

Exercice 3 – Comment une augmentation de l’épargne peut-elle modifier les conditions de financement ?

Type : Raisonnement économique

Énoncé. Dans une économie fictive, les ménages décident d’épargner davantage. Les entreprises souhaitent toujours financer le même ensemble de projets d’investissement à chaque niveau de taux d’intérêt.

En utilisant le modèle du marché des , expliquez les conséquences possibles de cette hausse de l’épargne sur le taux d’intérêt et les investissements.

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Corrigé. Le marché des fonds prêtables est un modèle économique dans lequel se rencontrent une offre de fonds disponibles pour le financement et une demande de fonds émanant des agents souhaitant emprunter.

Dans ce modèle simplifié, l’épargne contribue à l’offre de fonds prêtables, tandis que les besoins de financement des investisseurs alimentent la demande. Le taux d’intérêt joue un rôle d’ajustement entre les deux.

Lorsque les ménages augmentent leur épargne, davantage de ressources sont proposées au financement pour chaque niveau de taux d’intérêt. Graphiquement, la courbe d’offre de fonds prêtables se déplace vers la droite. Si la demande reste inchangée, le nouvel équilibre se caractérise par un taux d’intérêt plus faible et une quantité de fonds échangés plus importante.

La diminution du taux d’intérêt réduit le coût du financement pour les entreprises. Certains projets d’investissement qui étaient auparavant insuffisamment rentables peuvent alors devenir intéressants. L’investissement peut donc augmenter.

Cependant, ce résultat repose sur les hypothèses du modèle. Dans une économie réelle, les banques jouent un rôle important dans la création de crédit et les décisions d’investissement dépendent également des perspectives de demande, des risques et des anticipations des entreprises. Une augmentation de l’épargne ne garantit donc pas automatiquement une hausse équivalente de l’investissement.

Exercice 4 – Comment calculer l’excédent brut d’exploitation ?

Type : Application chiffrée

Énoncé. Une entreprise fictive présente les informations annuelles suivantes :

Tableau du chapitre 4
IndicateurMontant
Chiffre d’affaires500 000 €
Consommations intermédiaires260 000 €
Rémunération des salariés, cotisations comprises160 000 €
Impôts sur la production20 000 €
Subventions d’exploitation10 000 €

Calculez la puis l’excédent brut d’exploitation de l’entreprise. Expliquez pourquoi l’ ne correspond pas directement au bénéfice net.

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Corrigé. La valeur ajoutée mesure la richesse créée par une entreprise au cours du processus de production. Dans notre exemple simplifié, elle correspond à la différence entre le chiffre d’affaires et les consommations intermédiaires : VA = 500 000 − 260 000 = 240 000 €.

L’excédent brut d’exploitation, ou EBE, mesure le résultat de l’activité productive après prise en compte de la rémunération des salariés, des impôts sur la production et des subventions d’exploitation. Dans ce cadre simplifié, il se calcule ainsi :

EBE = VA − rémunération des salariés − impôts sur la production + subventions d’exploitation.

On obtient 240 000 − 160 000 − 20 000 + 10 000 = 70 000 €. L’entreprise dégage donc un EBE positif de 70 000 €.

Cependant, ce montant ne correspond pas nécessairement au bénéfice net. Il ne prend notamment pas en compte les dotations aux amortissements, certaines opérations financières et l’impôt sur les bénéfices. Il ne correspond pas non plus directement aux liquidités disponibles : les encaissements et les décaissements peuvent intervenir à des dates différentes.

L’EBE constitue néanmoins un indicateur important pour apprécier les ressources dégagées par l’activité productive et la capacité potentielle de l’entreprise à financer ses investissements.

Exercice 5 – Pourquoi une entreprise peut-elle préférer ouvrir son capital plutôt que contracter un emprunt ?

Type : Étude de situation

Énoncé. Une jeune entreprise souhaite développer un projet innovant nécessitant un investissement de 300 000 €. Ses dirigeants anticipent une période de plusieurs années avant que l’activité devienne réellement rentable. Ils hésitent entre un et l’entrée de nouveaux investisseurs au capital.

Comparez les avantages et les inconvénients de ces deux solutions.

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Corrigé. Une entreprise peut financer ses investissements à partir de ses ressources internes ou rechercher des financements externes. Parmi les financements externes, il convient de distinguer l’endettement et l’ouverture du capital.

Un emprunt bancaire permet à l’entreprise d’obtenir des ressources financières sans modifier directement la répartition de son capital. Les dirigeants conservent donc normalement les mêmes droits de propriété. Cependant, l’entreprise devra rembourser le capital emprunté et verser des intérêts selon les conditions du contrat. Ces engagements peuvent représenter une contrainte importante lorsque l’activité ne produit pas encore suffisamment de recettes.

L’ouverture du capital, par l’entrée de nouveaux investisseurs, permet d’obtenir des capitaux propres. Ces investisseurs deviennent propriétaires d’une partie de l’entreprise et acceptent de supporter une partie du risque économique. En principe, les capitaux apportés ne doivent pas être remboursés selon un échéancier comparable à celui d’un prêt.

En revanche, les dirigeants et actionnaires historiques peuvent voir leur participation diminuer et devoir partager davantage les décisions stratégiques. Dans le cas présenté, le financement par capitaux propres peut être particulièrement adapté à un projet innovant dont les recettes sont incertaines et éloignées dans le temps.

Le choix dépend néanmoins du coût du financement, des perspectives de rentabilité, de la volonté des dirigeants de conserver le contrôle et des conditions proposées par les investisseurs.

Exercice 6 – Quelle différence existe-t-il entre financement direct et financement indirect ?

Type : Question de connaissances et raisonnement

Énoncé. Une entreprise souhaite obtenir 100 000 € pour développer son activité. Dans une première situation, elle contracte un emprunt auprès d’une banque. Dans une seconde situation, elle émet des que des investisseurs souscrivent directement.

Expliquez en quoi ces deux modalités de financement se distinguent.

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Corrigé. Le désigne le recours à des ressources provenant d’agents extérieurs à l’entreprise. Il peut notamment prendre la forme d’un ou indirect.

Dans la première situation, l’entreprise obtient un crédit auprès d’une banque. La banque intervient comme intermédiaire financier : elle examine la demande, accorde le prêt et supporte le risque associé, sous réserve des garanties et mécanismes éventuels de transfert du risque. L’entreprise devient débitrice de la banque.

Il s’agit d’un financement indirect, car une institution financière intervient entre l’entreprise et les agents qui détiennent des actifs financiers ou fournissent des ressources au système bancaire. Il faut toutefois préciser qu’une banque ne se contente pas nécessairement de prêter une épargne préalablement déposée : l’octroi d’un nouveau crédit peut également créer de la monnaie scripturale.

Dans la seconde situation, l’entreprise émet des obligations souscrites par des investisseurs. Une obligation est un titre de qui donne à son détenteur le droit de percevoir les paiements prévus contractuellement. L’entreprise obtient directement des fonds auprès des souscripteurs de ses titres.

Cette opération relève donc d’un financement direct de marché, même si des intermédiaires peuvent intervenir pour organiser l’émission. La distinction essentielle réside dans la nature de la relation financière et dans le rôle joué par les intermédiaires.

Exercice 7 – Quelle différence existe-t-il entre déficit budgétaire et dette de l’État ?

Type : Application chiffrée

Énoncé. Un État fictif enregistre les données annuelles suivantes :

Tableau du chapitre 4
IndicateurMontant
Recettes budgétaires420 milliards d’euros
Dépenses budgétaires475 milliards d’euros
Dette au début de l’année900 milliards d’euros

Calculez le . Déterminez ensuite la dette en fin d’année, en supposant que le déficit soit intégralement financé par de nouveaux emprunts et qu’aucune autre opération ne modifie l’encours de dette.

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Corrigé. Le solde budgétaire correspond à la différence entre les recettes et les dépenses inscrites au budget de l’État. Il permet de déterminer si l’État présente un excédent ou un déficit sur une période donnée.

Dans notre exemple, les recettes s’élèvent à 420 milliards d’euros, tandis que les dépenses atteignent 475 milliards. Le solde budgétaire est donc égal à 420 − 475 = −55 milliards d’euros. L’État présente un de 55 milliards d’euros.

Pour financer ce déficit, il peut émettre de nouveaux titres de dette. En supposant que la totalité du déficit soit financée par emprunt et qu’aucun autre facteur ne modifie la dette, l’encours en fin d’année atteint 900 + 55 = 955 milliards d’euros.

Il faut distinguer deux notions. Le déficit budgétaire représente un flux, c’est-à-dire un déséquilibre observé pendant une période déterminée. La dette correspond à un stock, c’est-à-dire au montant des engagements financiers accumulés et restant dus à une date précise.

Dans la réalité, la variation de la dette peut différer du déficit en raison d’opérations financières, de variations de trésorerie ou d’autres ajustements. Il faut également distinguer le budget de l’État de l’ensemble des administrations publiques, qui comprennent notamment les collectivités territoriales et les administrations de sécurité sociale.

Exercice 8 – Dans quelles conditions l’emprunt public peut-il soutenir durablement l’activité économique ?

Type : Raisonnement économique approfondi

Énoncé. Un gouvernement décide de financer par emprunt un programme d’investissement de plusieurs milliards d’euros consacré à la modernisation des infrastructures de transport. Certains économistes considèrent que cette politique peut soutenir la croissance. D’autres soulignent qu’elle risque de réduire les investissements privés.

Expliquez les mécanismes économiques qui permettent de comprendre ces deux analyses.

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Corrigé. Lorsqu’un État finance des investissements publics par emprunt, il augmente ses dépenses sans les couvrir immédiatement par des recettes supplémentaires. Cette politique peut exercer plusieurs effets sur l’activité économique.

À court terme, les commandes publiques stimulent la demande adressée aux entreprises chargées de réaliser les infrastructures. Ces entreprises peuvent augmenter leur production, recruter des salariés et acheter davantage de biens intermédiaires. Les revenus distribués à cette occasion peuvent ensuite soutenir la et la production dans d’autres secteurs.

Ce mécanisme peut produire un effet multiplicateur, dont l’importance dépend notamment des capacités de production disponibles, des comportements de consommation et du contenu en importations des dépenses. À plus long terme, l’amélioration des infrastructures peut réduire certains coûts de transport et faciliter les déplacements des travailleurs et des marchandises.

Si ces investissements sont pertinents et efficacement réalisés, ils peuvent améliorer la productivité et soutenir les capacités de production de l’économie. Cependant, le recours à l’emprunt peut également provoquer un .

Lorsque les ressources financières ou productives sont fortement sollicitées, une augmentation de la demande publique peut contribuer à faire monter les taux d’intérêt ou à mobiliser des facteurs de production qui auraient été utilisés par des entreprises privées. Certains investissements privés peuvent alors devenir moins rentables ou être reportés.

L’ampleur de cet effet dépend notamment de la situation économique, des conditions monétaires et de la réaction des investisseurs. En période de sous-utilisation des capacités de production, l’éviction peut être limitée. À l’inverse, elle risque d’être plus importante lorsque l’économie fonctionne déjà près de ses capacités.

L’effet économique d’un investissement public financé par emprunt dépend donc de sa qualité, de la situation conjoncturelle, des conditions de financement et des gains de productivité qu’il permet éventuellement de produire.