NavigationRetour à l’espace fiches
FICHE 31 / 50

1939-1940 : mobilité, concentration et surprise au cœur des premières victoires allemandes

Les victoires allemandes de 1939-1940 reposent moins sur une doctrine nommée officiellement « Blitzkrieg » que sur une manière de conduire la guerre privilégiant la concentration, la mobilité et l’exploitation rapide des ruptures. En Pologne, en septembre 1939, les forces blindées et motorisées avancent en profondeur tandis que la Luftwaffe désorganise communications et concentrations adverses. L’objectif est d’éviter une guerre d’usure comparable à celle de 1914-1918. La supériorité allemande tient aussi à la qualité du commandement opérationnel, aux transmissions radio dans les unités blindées et à la capacité d’engager des forces importantes sur un point décisif.

Après la campagne de Pologne, le front occidental connaît plusieurs mois de relative inactivité, la « drôle de guerre ». L’offensive allemande débute le 10 mai 1940 contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. Le plan allié prévoit de faire avancer une partie des meilleures forces franco-britanniques en Belgique. Le commandement allemand concentre au contraire l’effort principal dans les Ardennes, jugées difficiles à franchir pour de grandes unités blindées. Les Panzer traversent la Meuse autour de Sedan le 13 mai, percent le dispositif français puis foncent vers la Manche.

Cette manœuvre coupe les armées alliées engagées en Belgique de leur arrière. Les forces britanniques et françaises encerclées dans le Nord se replient vers Dunkerque. Entre le 26 mai et le 4 juin, l’opération Dynamo évacue plus de 300 000 soldats vers le Royaume-Uni, ce qui constitue un sauvetage stratégique majeur malgré la perte de matériel. L’Allemagne relance ensuite son offensive vers le sud. Paris est déclarée ville ouverte et occupée le 14 juin. L’armistice franco-allemand est signé le 22 juin 1940 et entre en vigueur le 25.

Le succès allemand est spectaculaire, mais il ne prouve pas une supériorité matérielle absolue dans tous les domaines. La France et ses alliés disposent de nombreux chars, parfois mieux protégés ou armés, mais les emploient souvent de manière plus dispersée et souffrent d’un commandement moins réactif. La victoire de 1940 résulte donc d’un avantage opérationnel, d’un plan audacieux, d’erreurs adverses et d’une forte capacité à exploiter le désordre. Elle transforme l’équilibre européen en quelques semaines. Le Royaume-Uni reste désormais le principal adversaire occidental encore en guerre, tandis que Hitler domine une grande partie du continent.