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FICHE 39 / 50

Stalingrad (1942-1943) : encerclement de la VIe armée et basculement stratégique sur le front de l’Est

La bataille de Stalingrad s’inscrit dans l’offensive allemande de 1942 vers le sud de l’Union soviétique. Après l’échec devant Moscou, Hitler cherche à s’emparer des ressources pétrolières du Caucase et à couper la Volga, axe majeur de transport soviétique. Stalingrad, grande ville industrielle portant le nom du dirigeant soviétique, possède donc une importance stratégique et symbolique. À l’été 1942, la VIe armée du général Friedrich Paulus avance vers la ville tandis que d’autres forces allemandes progressent vers le Caucase. Cette dispersion des objectifs affaiblit progressivement la cohérence de l’offensive.

Les combats commencent à grande échelle à la fin de l’été. La Luftwaffe bombarde fortement la ville et les forces allemandes pénètrent dans les quartiers urbains. L’Armée rouge, sous l’autorité politique de Staline et le commandement notamment de Vassili Tchouïkov dans la ville, refuse d’abandonner la rive occidentale de la Volga. Les combats urbains réduisent une partie des avantages allemands en mobilité et en coordination. Pendant que la VIe armée s’épuise dans Stalingrad, les flancs de l’offensive sont tenus en grande partie par des troupes roumaines, italiennes et hongroises moins bien équipées contre les chars soviétiques.

Le 19 novembre 1942, l’Armée rouge lance l’opération Uranus. Les offensives soviétiques percent les flancs au nord et au sud et se rejoignent quelques jours plus tard à Kalatch, encerclant environ 250 000 hommes dans la région de Stalingrad. Hitler interdit à Paulus de rompre l’encerclement et promet un ravitaillement aérien que la Luftwaffe est incapable d’assurer à l’échelle nécessaire. Une tentative de secours conduite par Manstein échoue en décembre. La situation des forces encerclées devient progressivement intenable.

Paulus capitule le 31 janvier 1943 dans le sud de la poche, et les derniers groupes allemands cessent le combat le 2 février. Stalingrad ne décide pas seule de la guerre, mais sa portée est majeure. Une armée allemande entière est détruite ou capturée, l’Axe perd l’initiative dans le sud et le prestige militaire du Reich est profondément atteint. Pour l’URSS, la victoire devient un symbole de résistance nationale et de puissance retrouvée. Elle ouvre une séquence où l’Armée rouge, malgré encore de lourdes pertes, passe progressivement de la défense stratégique à une offensive presque continue jusqu’à Berlin.