Le 22 juin 1941, l’Allemagne lance l’opération Barbarossa contre l’Union soviétique, rompant le pacte germano-soviétique signé moins de deux ans auparavant. Hitler poursuit plusieurs objectifs étroitement liés : détruire le « bolchevisme », conquérir le Lebensraum à l’Est, s’emparer de ressources agricoles et énergétiques et éliminer l’Union soviétique comme grande puissance. L’offensive mobilise environ trois millions de soldats allemands, auxquels s’ajoutent des forces de plusieurs alliés de l’Axe. Elle ouvre le plus vaste front terrestre de la Seconde Guerre mondiale et transforme immédiatement la nature du conflit européen.
L’offensive est organisée en trois grands axes vers Leningrad, Moscou et l’Ukraine. Les premières semaines sont catastrophiques pour l’Armée rouge. Les forces allemandes réalisent de vastes encerclements et capturent des centaines de milliers de soldats soviétiques. Les purges staliniennes de l’armée dans les années 1930 ont fragilisé le haut commandement, tandis que Staline a longtemps refusé de croire à une attaque imminente. Pourtant, l’Union soviétique ne s’effondre pas. Elle déplace une partie de son industrie à l’est de l’Oural, mobilise des réserves immenses et reconstitue progressivement ses unités.
Barbarossa est aussi une guerre idéologique et raciale. Les ordres donnés aux forces allemandes prévoient une violence extrême contre les responsables communistes, les prisonniers et les populations considérées comme ennemies. Les Einsatzgruppen suivent l’avancée de la Wehrmacht et commencent les massacres de masse de Juifs. Le conflit à l’Est devient donc dès l’origine une guerre d’anéantissement, et non une campagne militaire classique. Cette dimension contribue à la brutalité de l’occupation et réduit les possibilités de rallier durablement les populations hostiles au pouvoir soviétique.
À l’automne 1941, l’avance allemande ralentit. Les distances logistiques sont immenses, les pertes élevées et les voies de communication insuffisantes. L’offensive contre Moscou échoue à prendre la capitale avant l’hiver. Le 5 décembre, l’Armée rouge lance une contre-offensive. Barbarossa n’a pas atteint son objectif essentiel : détruire l’Union soviétique en quelques mois. L’Allemagne se retrouve engagée dans une guerre longue qu’elle est moins bien placée pour gagner industriellement. L’échec de 1941 ne décide pas encore de l’issue finale, mais il brise la perspective d’une victoire rapide et place le Reich dans une confrontation d’usure avec une puissance capable de mobiliser des ressources considérables.
