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FICHE 49 / 76

13 mai 1958 : la crise algérienne fait vaciller la IVe République et ramène De Gaulle au pouvoir

Au printemps 1958, la guerre d’Algérie mine la IVe République. Les gouvernements français affirment officiellement vouloir conserver l’Algérie, tout en cherchant de plus en plus une issue politique. À Alger, une grande partie de la population européenne et certains cadres militaires redoutent au contraire un abandon. Le 13 mai, à l’annonce de l’investiture possible de Pierre Pflimlin, considéré comme ouvert à la négociation, une manifestation dégénère en prise du Gouvernement général. Un Comité de salut public est formé sous l’autorité du général Massu. Pendant que l’insurrection s’installe à Alger le 13 mai, l’Assemblée nationale débat encore à Paris : Pierre Pflimlin n’est officiellement investi que dans la nuit du 13 au 14 mai. Cette simultanéité accentue l’impression d’un pouvoir civil débordé par les événements algérois.

La crise devient immédiatement une crise de régime. Les insurgés d’Alger réclament le retour du général de Gaulle, retiré de la vie politique depuis 1946. Des militaires préparent l’opération Résurrection, qui prévoit une prise de contrôle de la Corse puis, si nécessaire, une intervention en métropole. De Gaulle se déclare le 15 mai « prêt à assumer les pouvoirs de la République », tout en laissant volontairement planer l’ambiguïté sur ses relations avec les activistes d’Alger. Le président René Coty cherche une issue légale afin d’éviter un affrontement entre l’armée et le pouvoir civil.

Le 1er juin, l’Assemblée nationale investit De Gaulle comme président du Conseil. Le lendemain, elle lui accorde des pouvoirs spéciaux et l’autorise à préparer une nouvelle Constitution. Le changement de régime s’opère donc dans un cadre formellement légal, sous une pression militaire et insurrectionnelle exceptionnelle. Cette dualité explique les débats ultérieurs sur mai 1958. La crise ne résulte pas seulement d’une Constitution inefficace. Elle révèle surtout l’incapacité du système partisan à trancher une guerre coloniale qui engage l’armée, l’opinion et la définition même de la nation française.