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FICHE 45 / 76

1944-1946, refonder la République après Vichy : rétablir la légalité, épurer et reconstruire l’État

La Libération ne consiste pas seulement à chasser l’occupant allemand. Elle impose de rétablir une légitimité politique après quatre années durant lesquelles le régime de Vichy a aboli la République, collaboré avec l’Allemagne nazie et participé aux persécutions antisémites. Dès son arrivée à Paris en août 1944, le Gouvernement provisoire de la République française dirigé par Charles de Gaulle affirme que la République n’a juridiquement jamais cessé d’exister. L’ordonnance du 9 août 1944 déclare nuls les actes constitutionnels de Vichy et rétablit la légalité républicaine.

L’État doit en même temps traiter la question de la collaboration. Une épuration spontanée accompagne parfois les combats de la Libération. Le pouvoir cherche rapidement à la remplacer par une épuration judiciaire afin de restaurer le monopole de la justice. Philippe Pétain est condamné à mort en 1945, peine commuée en détention à vie, tandis que Pierre Laval est exécuté. Des milliers de personnes sont jugées, sanctionnées ou frappées d’indignité nationale. L’épuration reste inégale et alimente ensuite des mémoires contradictoires.

La refondation est aussi démocratique et sociale. Les femmes obtiennent le droit de vote par l’ordonnance du 21 avril 1944 et participent aux élections municipales de 1945. Le Gouvernement provisoire engage des nationalisations, restaure les libertés publiques et prépare de nouvelles institutions. De Gaulle quitte pourtant le pouvoir en janvier 1946, en désaccord avec les partis sur la place de l’exécutif. Après le rejet d’un premier projet constitutionnel, la Constitution du 27 octobre 1946 fonde la IVe République. La séquence 1944-1946 rétablit donc l’État républicain tout en ouvrant un débat durable sur l’équilibre entre Parlement et gouvernement.