À la fin du mandat britannique, la Palestine concentre des aspirations nationales devenues incompatibles. Le mouvement sioniste, renforcé par les persécutions antisémites européennes et par la Shoah, réclame un État juif. Les Arabes palestiniens revendiquent de leur côté l’indépendance de la Palestine et refusent qu’une immigration organisée transforme l’équilibre démographique et politique du pays. Incapable de résoudre le conflit, Londres remet le dossier à l’ONU. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale adopte la résolution 181, qui recommande le partage du territoire en deux États et un statut international pour Jérusalem. Les dirigeants sionistes acceptent le principe du partage. Les représentants arabes le rejettent, estimant qu’il impose une partition contraire à la volonté de la majorité arabe.
Une guerre civile éclate aussitôt entre communautés juive et arabe. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l’État d’Israël, quelques heures avant la fin du mandat britannique. Le lendemain, les armées d’Égypte, de Transjordanie, de Syrie, du Liban et d’Irak interviennent. Israël résiste, puis prend l’avantage. Les armistices de 1949 lui laissent un territoire plus vaste que celui prévu par le plan de partage. La Cisjordanie est contrôlée par la Transjordanie, qui l’annexe en 1950, tandis que Gaza passe sous administration égyptienne. Aucun État palestinien n’est créé. Les lignes d’armistice de 1949, souvent appelées « ligne verte », sont des lignes de cessez-le-feu et non des frontières internationales définitivement négociées, ce qui laisse ouverte une part essentielle du contentieux territorial.
La guerre provoque aussi le déplacement de plusieurs centaines de milliers de Palestiniens, épisode désigné par les Palestiniens comme la Nakba, la « catastrophe ». Les causes de cet exode combinent départs face aux combats, effondrement des structures locales, expulsions et crainte de violences. Dans le même temps, Israël accueille rapidement des survivants juifs d’Europe puis de nombreux Juifs originaires de pays arabes. Dès 1949, le conflit ne porte donc plus seulement sur la reconnaissance d’Israël. Il concerne également les réfugiés palestiniens, les frontières, Jérusalem et la sécurité régionale, autant de questions qui structurent durablement le Proche-Orient.
