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FICHE 40 / 76

Belgrade, 1961 : le non-alignement cherche une autonomie collective sans exiger une neutralité parfaite entre les deux blocs

Le mouvement des non-alignés est officiellement lancé lors de la conférence de Belgrade, du 1er au 6 septembre 1961. Vingt-cinq États y participent autour de dirigeants comme Tito pour la Yougoslavie, Nehru pour l’Inde, Nasser pour l’Égypte, Nkrumah pour le Ghana et Soekarno pour l’Indonésie.

Contrairement à une idée fréquente, le non-alignement ne signifie ni équidistance absolue ni neutralité juridique. Plusieurs membres reçoivent une aide militaire ou économique d’une superpuissance, et leurs positions internationales divergent. L’objectif est plutôt de préserver la liberté de décision, de refuser l’intégration automatique dans les alliances militaires des blocs et de coordonner les revendications sur la décolonisation, le désarmement et le développement. Cette liberté de manœuvre devient elle-même une ressource diplomatique.

À mesure que de nouveaux États deviennent indépendants, le mouvement gagne en importance et soutient les derniers combats anticoloniaux, la lutte contre l’apartheid et la souveraineté sur les ressources. Son unité reste limitée par les rivalités régionales, les guerres entre membres et la diversité des régimes. Le non-alignement doit donc être compris moins comme un troisième bloc que comme une coalition souple : sa force réside dans la capacité à contester la bipolarité sans reproduire la discipline des alliances Est-Ouest.