Bachar al-Assad succède à son père Hafez en juillet 2000. Les espoirs initiaux d’ouverture, parfois qualifiés de « printemps de Damas », sont rapidement limités. Lorsque la contestation éclate en 2011, le pouvoir refuse une transition politique substantielle et privilégie la coercition. Il conserve le noyau de l’appareil d’État, une grande partie de l’armée et des services de sécurité, tout en mobilisant le discours de la lutte contre le terrorisme.
La survie du régime ne s’explique toutefois pas par sa seule force interne. Le soutien financier et militaire de l’Iran, l’engagement du Hezbollah puis l’intervention russe de 2015 sont décisifs pour inverser plusieurs rapports de force. Le pouvoir reprend notamment Alep-Est en décembre 2016. À la fin des années 2010, Assad contrôle de nouveau l’essentiel des grands centres urbains, mais le pays reste fragmenté, appauvri et dépendant de ses alliés. Sa survie illustre la capacité d’un régime autoritaire à internationaliser sa propre protection.
Cette survie ne signifie pas un retour à la situation d’avant 2011. Le régime dépend davantage de la Russie et de l’Iran, tandis que des zones du nord et de l’est échappent encore longtemps à son contrôle direct. La victoire politique reste donc partielle. La survie du régime repose moins sur la seule personne d’Assad que sur la cohésion d’appareils sécuritaires, des réseaux de clientèle et des soutiens militaires extérieurs.
