Le 25 janvier 2011, des manifestations commencent au Caire et dans plusieurs villes égyptiennes. La place Tahrir devient le symbole d’une contestation qui agrège militants démocrates, jeunes urbains, islamistes, classes populaires et opposants à la corruption. Le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, démissionne le 11 février. L’armée, institution centrale de l’État depuis 1952, prend alors en charge la transition et conserve des intérêts économiques et politiques considérables.
Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, remporte l’élection présidentielle de juin 2012. Son mandat est rapidement fragilisé par la polarisation politique, les difficultés économiques et les accusations de concentration du pouvoir. Le 3 juillet 2013, l’armée dirigée par Abdel Fattah al-Sissi le renverse après de vastes manifestations. Élu président en 2014, Sissi reconstruit un régime beaucoup plus autoritaire. L’expérience égyptienne montre qu’une mobilisation peut faire tomber un dirigeant sans démanteler les structures de pouvoir qui soutenaient l’ancien régime.
Le cas égyptien invite donc à distinguer changement de président et changement de régime. La permanence de l’armée, de la bureaucratie et des appareils de sécurité limite la profondeur de la rupture engagée en février 2011.
