L’opération Iraqi Freedom commence le 20 mars 2003. Les forces américaines et britanniques avancent rapidement depuis le Koweït, appuyées par une supériorité aérienne et technologique écrasante. Bagdad tombe le 9 avril ; le régime de Saddam Hussein s’effondre en quelques semaines. Le 1er mai, George W. Bush annonce la fin des principales opérations de combat depuis le porte-avions USS Abraham Lincoln. La campagne confirme l’efficacité de l’armée américaine contre un adversaire conventionnel affaibli.
La difficulté commence précisément avec la victoire. Les institutions irakiennes se désorganisent, des pillages massifs ont lieu et les forces de la coalition ne disposent pas d’un plan suffisamment robuste pour rétablir rapidement l’ordre. L’Autorité provisoire de la coalition, dirigée par Paul Bremer, doit simultanément administrer le pays, reconstruire ses institutions et préparer une transition politique. Les décisions de débaassification et de dissolution de l’armée accentuent une crise déjà profonde.
L’insurrection se développe dès 2003 et transforme l’occupation en guerre prolongée. Le contraste entre la vitesse de la campagne initiale et la durée du conflit devient une leçon stratégique majeure : la destruction d’un régime est un objectif militaire relativement clair, la construction d’un ordre politique légitime ne l’est pas. La « victoire » de 2003 révèle ainsi la différence entre succès tactique, changement de régime et stabilisation durable. La prise de Bagdad le 9 avril 2003 clôt la phase conventionnelle principale, mais elle ouvre immédiatement une crise d’occupation que la planification américaine avait sous-estimée.
