Après 1991, l’Union cherche à construire un partenariat avec la Russie tout en élargissant ses institutions vers l’Est. Les échanges énergétiques deviennent particulièrement importants : plusieurs États européens importent du gaz et du pétrole russes, tandis que Moscou dépend des revenus issus de ces exportations. Cette interdépendance semble longtemps favoriser la stabilité.
Les tensions augmentent avec les élargissements de l’UE et de l’OTAN, les conflits dans l’espace postsoviétique et l’évolution autoritaire du régime russe. L’annexion de la Crimée en 2014 conduit l’Union à imposer des sanctions économiques, sans interrompre complètement les échanges énergétiques. Le projet Nord Stream 2 devient le symbole de la contradiction entre logique commerciale et sécurité géopolitique.
L’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022 provoque une rupture. L’Union adopte des sanctions massives, finance et arme l’Ukraine, réduit fortement sa dépendance au gaz russe et accorde à l’Ukraine le statut de candidat. La relation montre que l’interdépendance économique n’empêche pas le conflit et peut même devenir une vulnérabilité lorsque les partenaires ne partagent plus les mêmes règles politiques. Après 2014, les sanctions européennes contre la Russie coexistent encore avec une forte dépendance énergétique de plusieurs États, contradiction qui limite longtemps la marge de manœuvre collective.
