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FICHE 76 / 238

La Libye en 2011 : soulèvement, intervention internationale et chute de Kadhafi

En février 2011, la contestation gagne la Libye, dirigée depuis 1969 par Mouammar Kadhafi. Les protestations se transforment rapidement en insurrection armée, notamment dans l’est du pays. Le régime répond par la force et reprend plusieurs positions. Craignant une offensive contre Benghazi, le Conseil de sécurité adopte le 17 mars la résolution 1973, qui autorise « toutes mesures nécessaires » pour protéger les civils, tout en excluant une force d’occupation étrangère.

La coalition conduite par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, puis par l’OTAN, établit une zone d’exclusion aérienne et frappe les forces du régime. L’intervention contribue à modifier le rapport de force au profit des insurgés. Tripoli tombe en août et Kadhafi est tué en octobre 2011. La disparition de la dictature ne produit toutefois pas un État stable : milices rivales, institutions concurrentes et interventions étrangères fragmentent le pays. La victoire militaire de 2011 illustre ainsi la différence entre renverser un régime et reconstruire un ordre politique viable.

L’après-Kadhafi montre aussi le coût institutionnel de quarante-deux années de pouvoir personnel : la disparition du dirigeant laisse peu d’administrations capables d’arbitrer entre groupes armés et territoires. Cette faiblesse préexistante amplifie les conséquences de la guerre.