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FICHE 83 / 238

Le « califat » de Daech : conquête territoriale, terreur et propagande

Entre 2014 et 2017, Daech cherche à fonctionner comme un proto-État. Il administre des villes, prélève des taxes, exploite des ressources et impose une justice fondée sur son interprétation extrémiste de la religion. La violence publique et la répression servent à contrôler les populations et à intimider les adversaires. Le groupe organise aussi une propagande numérique très élaborée destinée à recruter à l’étranger et à présenter son territoire comme le noyau d’un ordre politique nouveau.

Cette dimension territoriale distingue le « califat » d’Al-Qaïda, davantage structuré comme réseau clandestin. Des milliers de combattants étrangers rejoignent la Syrie et l’Irak. L’organisation encourage parallèlement des attentats en dehors de son territoire ou inspire des individus sans lien opérationnel direct. Le modèle contient pourtant une contradiction : l’administration territoriale donne des ressources, mais expose aussi le groupe à une puissance militaire conventionnelle supérieure. À mesure que la coalition reconquiert les villes, Daech perd l’essentiel de son territoire sans disparaître comme organisation insurgée.

La maîtrise d’un territoire permet aussi à l’organisation de lever des impôts, contrôler des ressources et imposer une administration. Cette base matérielle distingue son apogée de la logique de réseaux clandestins caractéristique d’autres organisations djihadistes. La proclamation du « califat » par Abou Bakr al-Baghdadi le 29 juin 2014 transforme une organisation insurgée en projet étatique revendiqué sur des territoires irakiens et syriens.