La vague d’attentats des années 2012-2016 conduit la France à renforcer fortement son dispositif de lutte contre la radicalisation. La menace est liée à la fois aux départs vers la Syrie et l’Irak, aux retours de combattants et à des individus radicalisés sur le territoire. En 2015, le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste centralise plusieurs milliers de cas suivis selon leur niveau de dangerosité.
Les réponses combinent renseignement, justice et prévention. Les effectifs de la DGSI augmentent, la coopération européenne s’intensifie et les services surveillent davantage les communications numériques. Des programmes locaux cherchent aussi à repérer les ruptures scolaires, familiales ou professionnelles associées à certains parcours de radicalisation. Les premières expériences de « déradicalisation » institutionnelle rencontrent cependant de fortes difficultés, car les trajectoires sont très diverses et il n’existe pas de méthode unique permettant de modifier durablement les convictions.
La politique française évolue donc vers une approche plus pragmatique de désengagement et de suivi individualisé. La prévention doit éviter deux erreurs : sous-estimer les signaux inquiétants et assimiler religiosité, conservatisme ou pratique musulmane à une radicalisation violente. L’efficacité dépend précisément de cette capacité à concentrer les moyens sur les comportements réellement liés au passage à l’acte. La prévention de la radicalisation se heurte à l’absence de profil unique : trajectoires sociales, réseaux amicaux, prison, propagande numérique et expériences internationales peuvent se combiner de manière très variable.
