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FICHE 211 / 238

Les attentats islamistes en France dans les années 1990 : une menace antérieure au 11 septembre

La France est confrontée au terrorisme islamiste bien avant les attentats du 11 septembre 2001. La guerre civile algérienne joue un rôle déterminant. En 1994, le Groupe islamique armé détourne un Airbus d’Air France à Alger ; l’assaut du GIGN à Marseille met fin à la prise d’otages. En 1995, une série d’attentats frappe Paris et sa région. L’explosion du RER B à Saint-Michel, le 25 juillet, fait huit morts et plus d’une centaine de blessés.

Ces attaques sont liées à des réseaux proches du GIA algérien et visent à faire pression sur la politique française. Elles conduisent à une adaptation des services de renseignement, de la coopération policière et de la législation antiterroriste. La France développe notamment une doctrine judiciaire centralisée autour de magistrats spécialisés et d’une incrimination d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

La séquence est importante car elle montre que le djihadisme européen ne naît pas en 2001. Ses formes changent cependant : les réseaux des années 1990 restent fortement liés aux conflits algériens, tandis que les années 2000 voient se développer des organisations transnationales inspirées par Al-Qaïda puis Daech. La continuité se situe donc moins dans une organisation unique que dans l’apprentissage progressif de méthodes de recrutement et de violence. La vague d’attentats de 1995 est directement liée à la guerre civile algérienne et au Groupe islamique armé, ce qui distingue ce cycle du djihadisme transnational structuré après 2001.