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FICHE 216 / 238

Nice, 14 juillet 2016 : adaptation des modes opératoires djihadistes

Le 14 juillet 2016, après le feu d’artifice sur la promenade des Anglais à Nice, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel lance un camion sur la foule sur près de deux kilomètres. Quatre-vingt-six personnes sont tuées et plusieurs centaines blessées. L’assaillant est abattu par la police. L’organisation État islamique revendique rapidement l’attaque, même si le degré exact de coordination opérationnelle avec Daech reste limité et débattu.

L’attentat illustre une évolution du terrorisme djihadiste en Europe : une propagande transnationale peut inspirer des passages à l’acte sans qu’un commandement central organise chaque étape. Cette moindre centralisation réduit les traces organisationnelles que peuvent détecter les services de sécurité et rend plus importante l’analyse des trajectoires de radicalisation. Elle oblige surtout à distinguer les opérations directement préparées par une organisation des violences commises par des individus qui s’en réclament.

Nice intervient huit mois après le 13 novembre et entretient un sentiment d’insécurité durable. L’état d’urgence, dont la levée était envisagée, est à nouveau prolongé. Les dispositifs de protection des grands rassemblements sont renforcés dans de nombreuses villes. L’attentat montre ainsi que la menace djihadiste s’est diversifiée : aux réseaux structurés s’ajoutent des passages à l’acte plus autonomes, dont l’anticipation mobilise davantage le renseignement, la prévention et la protection des espaces publics. Le degré de direction opérationnelle par Daech reste moins net qu’au 13 novembre 2015, distinction importante pour comprendre l’évolution de la menace.