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FICHE 50 / 80

1988 : la réélection de François Mitterrand et la recherche d’une majorité de gouvernement plus centriste

Le 8 mai 1988, François Mitterrand obtient un second mandat avec 54,02 % des voix contre Jacques Chirac. La campagne est menée sous le signe de la « France unie » et d’une posture présidentielle plus modérée qu’en 1981. Après deux années de cohabitation, Mitterrand bénéficie de son rôle d’arbitre et de la division de la droite. Il nomme Michel Rocard Premier ministre, malgré leurs relations politiques longtemps difficiles.

La dissolution de l’Assemblée ne donne cependant pas au Parti socialiste une majorité absolue. Le gouvernement doit chercher des soutiens au centre ou négocier texte par texte. Cette situation favorise une pratique plus pragmatique du pouvoir et un recours fréquent à l’article 49, alinéa 3. Rocard engage plusieurs réformes importantes, parmi lesquelles le revenu minimum d’insertion et les accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie en juin 1988. Le recours répété au 49.3 ne signifie pas absence de majorité sur tous les textes : il constitue un instrument permettant de gouverner avec une majorité relative et de surmonter l’incertitude parlementaire.

Le second septennat commence donc très différemment du premier. Il n’est plus question de rupture avec le capitalisme. Le choix de Michel Rocard traduit également la recherche d’une méthode fondée davantage sur la négociation sociale et le compromis que sur l’affrontement idéologique de 1981. La priorité va à la gestion, à l’Europe et à des réformes sociales ciblées. Cette évolution traduit l’apprentissage du pouvoir par le Parti socialiste et la recomposition du paysage politique après les expériences de 1981, 1983 et de la cohabitation.