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FICHE 23 / 80

Tian’anmen en 1989 : l’ouverture économique sans démocratisation politique

Au printemps 1989, la mort de Hu Yaobang, ancien dirigeant du Parti associé aux réformes politiques, déclenche des rassemblements étudiants à Pékin. Les manifestants dénoncent la corruption, demandent davantage de liberté d’expression et réclament un dialogue avec les autorités. Le mouvement s’élargit, notamment autour de la place Tian’anmen, dans un contexte d’inflation élevée et de mécontentement face aux inégalités créées par les réformes.

La direction communiste se divise sur la réponse à apporter. Zhao Ziyang privilégie le dialogue ; Li Peng et les dirigeants les plus conservateurs craignent une perte de contrôle. La loi martiale est proclamée le 20 mai. Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’Armée populaire de libération entre dans Pékin et ouvre le feu dans plusieurs secteurs de la capitale pour reprendre le contrôle. Le nombre exact de victimes demeure incertain, les estimations allant de plusieurs centaines à davantage. La répression ne se limite pas à la place elle-même. La direction impose ensuite une vaste campagne d’arrestations et Zhao Ziyang, favorable au dialogue, est écarté du pouvoir. La répression règle donc aussi une lutte interne au sommet du Parti sur le rythme des réformes politiques.

Tian’anmen révèle une limite fondamentale du réformisme chinois : l’ouverture économique ne s’accompagne pas d’une pluralisation du pouvoir. Après une période de ralentissement et de reprise en main politique, Deng relance les réformes économiques lors de son « voyage dans le Sud » en 1992. Le Parti maintient donc une combinaison durable : marché et croissance d’un côté, monopole politique et contrôle de la contestation de l’autre.