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FICHE 21 / 80

Deng Xiaoping et les réformes de 1978 : introduire les mécanismes de marché sans abandonner le pouvoir communiste

Après la mort de Mao Zedong en septembre 1976, la Chine sort de la Révolution culturelle profondément désorganisée. Deng Xiaoping, progressivement revenu au centre du pouvoir, impose une orientation nouvelle lors du troisième plénum du Comité central en décembre 1978. Il ne cherche pas à abolir le socialisme ni le monopole du Parti communiste. Son objectif est de moderniser l’agriculture, l’industrie, la science et la défense en introduisant des incitations économiques plus efficaces.

La réforme commence dans les campagnes. Le système des communes populaires est progressivement remplacé par la « responsabilité des ménages » : les familles reçoivent des objectifs de livraison mais peuvent vendre une partie de leur production sur les marchés. Les rendements et les revenus agricoles augmentent. Dans les années 1980, les entreprises de bourgs et de villages se développent, tandis que les entreprises d’État obtiennent davantage d’autonomie. Les prix restent partiellement administrés : la Chine expérimente un système hybride plutôt qu’une libéralisation brutale. La décollectivisation agricole part en partie d’initiatives locales, notamment dans l’Anhui, que le pouvoir central légalise ensuite : la réforme chinoise procède souvent par expérimentation avant généralisation.

L’ouverture extérieure complète cette stratégie. Les investissements étrangers sont autorisés dans des zones spécifiques, les étudiants sont envoyés à l’étranger et la technologie occidentale est recherchée. La croissance s’accélère, mais les déséquilibres aussi : inflation, corruption, inégalités régionales et tensions entre réformateurs et conservateurs. Deng construit ainsi une économie de plus en plus marchande sous un régime politique qui reste autoritaire.