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FICHE 19 / 76

1949, la victoire de Mao : la Chine communiste bouleverse l’équilibre asiatique sans devenir un simple satellite de Moscou

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame à Pékin la République populaire de Chine après la victoire du Parti communiste chinois sur les nationalistes du Guomindang. La guerre civile, reléguée au second plan pendant la guerre contre le Japon et la fragile coopération du second front uni, reprend à grande échelle en 1946. Malgré un avantage initial en hommes et en matériel, le régime de Tchang Kaï-chek s’effondre sous l’effet de la corruption, de l’inflation, de l’impopularité du pouvoir et de l’efficacité militaire communiste. Les nationalistes se replient à Taïwan, où ils maintiennent la République de Chine.

Pour Washington, la victoire de Mao paraît élargir brutalement le camp communiste à un pays de plus de 500 millions d’habitants. L’expression américaine de « perte de la Chine » traduit cette lecture stratégique, même si elle suppose à tort que les États-Unis auraient pu contrôler l’issue d’une révolution profondément enracinée dans l’histoire chinoise. En février 1950, Pékin et Moscou signent un traité d’amitié et d’assistance. L’alliance est réelle, mais elle ne supprime ni les intérêts nationaux chinois ni les tensions avec Staline.

La révolution chinoise transforme surtout la géographie de la guerre froide. Elle renforce les communistes asiatiques, pèse sur la guerre de Corée dès 1950 et offre aux mouvements anticoloniaux un autre modèle de révolution que celui de l’URSS. La République populaire reste pourtant écartée de la représentation de la Chine à l’ONU jusqu’en 1971, le gouvernement de Taipei occupant jusque-là le siège attribué à la Chine. Dès les années 1950, la relation sino-soviétique révèle ses fragilités. La victoire de Mao doit donc être comprise comme l’entrée d’un nouvel acteur majeur dans le système international, non comme une simple extension mécanique de la puissance soviétique.