La péninsule coréenne, colonie japonaise depuis 1910, est divisée en 1945 le long du 38e parallèle. Au Nord s’installe un régime communiste dirigé par Kim Il-sung et soutenu par l’URSS. Au Sud, Syngman Rhee prend la tête d’un État anticommuniste appuyé par les États-Unis. Les deux gouvernements revendiquent la souveraineté sur l’ensemble du pays. Le 25 juin 1950, l’armée nord-coréenne franchit le 38e parallèle et progresse rapidement vers le sud.
Profitant de l’absence temporaire du représentant soviétique au Conseil de sécurité, les États-Unis obtiennent une intervention sous mandat de l’ONU. Les forces commandées par le général MacArthur reprennent Séoul puis franchissent à leur tour le 38e parallèle. Lorsque les troupes approchent du fleuve Yalou, frontière chinoise, Pékin intervient massivement à partir d’octobre 1950. Le front se stabilise finalement autour de la ligne de départ. MacArthur, favorable à une extension du conflit à la Chine, est relevé de son commandement par Truman en avril 1951 afin d’éviter une escalade incontrôlée. L’absence soviétique s’explique par le boycott du Conseil de sécurité décidé par Moscou pour protester contre le maintien de la République de Chine de Tchang Kaï-chek au siège chinois de l’ONU.
L’armistice de Panmunjom, signé le 27 juillet 1953, ne constitue pas un traité de paix. La Corée demeure divisée par une zone démilitarisée. Le conflit a causé plusieurs millions de morts, en grande majorité coréens, et de vastes destructions. Il accélère aussi la militarisation de la guerre froide : hausse des dépenses américaines, renforcement de l’OTAN, réarmement accru de l’Occident et consolidation des alliances en Asie. La guerre de Corée montre que la bipolarité peut produire des guerres extrêmement violentes tout en restant contenue par la crainte d’un affrontement direct entre puissances nucléaires. La ligne d’armistice suit globalement la région du 38e parallèle sans lui être identique : la frontière militaire de 1953 résulte des positions occupées au moment du cessez-le-feu.
