Le Conseil de sécurité de l’ONU comprend quinze membres, dont cinq permanents disposant du droit de veto : États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni. Cette architecture reflète l’équilibre issu de 1945. Elle donne aux principales puissances militaires de l’époque un intérêt direct au fonctionnement de l’organisation, mais elle apparaît de moins en moins représentative du monde du XXIe siècle.
L’Afrique et l’Amérique latine ne disposent d’aucun siège permanent ; l’Inde, devenue l’État le plus peuplé du monde et une puissance nucléaire, n’en possède pas davantage. L’Allemagne, le Japon ou le Brésil revendiquent également une réforme. Pourtant, toute modification de la Charte exige l’accord des membres permanents, qui hésitent à partager leur privilège. Les projets d’élargissement se heurtent aussi aux rivalités régionales entre candidats.
Le veto pose une seconde difficulté. Il empêche l’ONU d’agir contre les intérêts essentiels d’un membre permanent ou de ses alliés. Cette contrainte est souvent dénoncée comme injuste, mais elle était précisément conçue pour éviter qu’une grande puissance quitte l’organisation plutôt que d’accepter une décision hostile. La crise de représentativité du Conseil oppose donc deux exigences : efficacité par l’accord des puissants et légitimité par une représentation plus équitable.
