Le système international reste organisé autour des États, mais de nombreux acteurs non étatiques acquièrent depuis les années 1990 une influence croissante. Les firmes multinationales contrôlent des chaînes de production mondiales et disposent parfois de ressources supérieures à celles de petits États. Les ONG interviennent dans l’humanitaire, l’environnement ou les droits humains et participent à la définition de normes internationales.
D’autres acteurs utilisent la mondialisation de manière conflictuelle. Al-Qaïda puis Daech organisent des réseaux transnationaux capables de frapper plusieurs continents. Les diasporas, fondations, mouvements sociaux et communautés numériques peuvent aussi mobiliser des ressources politiques au-delà des frontières. Internet réduit le coût de coordination et permet à certains groupes d’influencer l’agenda mondial sans contrôler un territoire.
Cette montée en puissance ne signifie pas l’effacement de l’État. Les entreprises dépendent du droit, les ONG de financements et les groupes terroristes sont combattus par des appareils policiers et militaires. Le changement réside surtout dans la multiplication des interactions : les gouvernements doivent négocier avec des acteurs privés, surveiller des réseaux et parfois déléguer des fonctions. La politique mondiale devient ainsi plus dense que la seule diplomatie entre capitales. Les acteurs non étatiques gagnent en influence, mais leur pouvoir reste très inégal et souvent dépendant d’accès, de ressources ou de règles que les États peuvent encore fortement encadrer.
