La souveraineté désigne l’autorité suprême d’un État sur son territoire et son indépendance dans l’ordre international. Depuis les années 1990, mondialisation économique, droit international, intégration régionale et enjeux transfrontaliers donnent l’impression d’un recul de cette souveraineté. Les États acceptent des règles commerciales, judiciaires ou monétaires qui limitent volontairement certaines marges de décision.
Cette évolution ne signifie pas disparition de l’État. C’est souvent l’État souverain qui choisit d’adhérer à un traité, de déléguer une compétence ou d’entrer dans une organisation. Les frontières restent essentielles pour la fiscalité, la citoyenneté, la police et la protection sociale. La pandémie de Covid-19 a d’ailleurs montré que les gouvernements nationaux conservent une capacité exceptionnelle de fermeture, de dépense et de réglementation.
Le véritable changement réside dans l’interdépendance : une décision souveraine peut avoir des coûts externes et rencontrer des contraintes de marché ou de coopération. La souveraineté devient donc moins une liberté absolue qu’une capacité à choisir ses interdépendances et à peser sur les règles communes. Les débats sur l’Union européenne, le commerce ou le numérique opposent souvent différentes stratégies de souveraineté plutôt que souveraineté et absence de souveraineté. La mondialisation limite certaines marges de manœuvre sans faire disparaître l’État : celui-ci demeure l’acteur qui lève l’impôt, produit le droit, contrôle la coercition légitime et signe les traités.
