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FICHE 238 / 238

Depuis 1991 : de l’espoir d’un ordre coopératif à un monde fragmenté et concurrentiel

La disparition de l’URSS en 1991 ouvre une période d’optimisme. Les États-Unis disposent d’une supériorité sans précédent, l’ONU semble pouvoir agir plus efficacement et la mondialisation accélère les interdépendances. L’élargissement de l’Union européenne, la création de l’OMC et la multiplication des accords internationaux donnent l’image d’un monde progressivement organisé par des règles communes.

Cette dynamique rencontre pourtant rapidement ses limites. Les Balkans et le Rwanda révèlent l’impuissance internationale face à certaines violences. Le 11 septembre entraîne une « guerre contre le terrorisme » dont l’Irak montre les contradictions. La montée de la Chine, la restauration de la puissance russe et l’affirmation de puissances émergentes réduisent l’unipolarité américaine. Les crises financières, migratoires, sanitaires et climatiques démontrent en parallèle que l’interdépendance crée autant de vulnérabilités que de coopération.

Le monde contemporain est donc à la fois plus connecté et plus concurrentiel. Les institutions multilatérales demeurent indispensables, mais leur autorité est contestée. Les États restent souverains, tout en dépendant de chaînes de valeur, de technologies et de normes qu’ils ne contrôlent pas seuls. La principale transformation depuis 1991 n’est peut-être pas le passage d’un ordre à un autre, mais l’installation d’une incertitude durable sur les règles, les hiérarchies et les formes de puissance. La période depuis 1991 ne correspond donc ni à une marche linéaire vers la coopération ni à un simple retour au XIXe siècle : elle combine interdépendance profonde, institutions durables et rivalités de puissance renouvelées.