La crise soviétique change de nature en 1990-1991. Les réformes économiques et politiques engagées par Gorbatchev n’ont pas stabilisé l’Union ; elles ont ouvert des espaces d’expression dont se saisissent les mouvements nationaux. La Lituanie proclame le rétablissement de son indépendance le 11 mars 1990, suivie par d’autres républiques. En Russie même, Boris Eltsine affirme la souveraineté de la République socialiste fédérative de Russie le 12 juin 1990, ce qui affaiblit le centre fédéral de l’intérieur.
Le putsch conservateur des 19-21 août 1991 accélère la désagrégation. Son échec renforce Eltsine et discrédite les institutions soviétiques. Le 8 décembre 1991, les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse signent les accords de Belovej, déclarant que l’URSS « n’existe plus » et créant la Communauté des États indépendants. Le 21 décembre, onze républiques confirment cette recomposition à Alma-Ata. Gorbatchev démissionne le 25 décembre ; le Soviet des républiques constate la disparition de l’Union le 26 décembre 1991.
Quinze États indépendants succèdent à l’URSS. La Fédération de Russie récupère l’essentiel de l’appareil diplomatique et militaire soviétique et poursuit, avec l’accord des autres anciennes républiques, la continuité de l’URSS au Conseil de sécurité de l’ONU. Cette succession ne supprime pourtant ni les interdépendances économiques ni les conflits de souveraineté. Frontières, minorités russophones, arsenaux nucléaires et espaces séparatistes deviennent des enjeux majeurs du monde postsoviétique. Le référendum ukrainien du 1er décembre 1991, approuvé à plus de 90 %, rend politiquement presque impossible le maintien d’une Union soviétique rénovée.
