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FICHE 09 / 238

La première guerre du Golfe de 1990-1991 : le modèle d’une intervention internationale dans l’après-guerre froide

Le 2 août 1990, l’armée irakienne de Saddam Hussein envahit le Koweït. Bagdad invoque des différends territoriaux, des dettes accumulées pendant la guerre Iran-Irak et des désaccords pétroliers, mais l’annexion d’un État membre de l’ONU constitue une violation manifeste du principe de souveraineté. Le Conseil de sécurité adopte immédiatement la résolution 660 exigeant le retrait irakien, puis impose un régime de sanctions. Les États-Unis déploient des forces en Arabie saoudite dans le cadre de l’opération Desert Shield.

La résolution 678 du 29 novembre fixe au 15 janvier 1991 la date limite du retrait et autorise ensuite l’emploi de « tous les moyens nécessaires ». Une coalition de trente-cinq États, comprenant notamment des pays arabes comme l’Égypte et la Syrie, se forme sous direction américaine. L’opération Desert Storm commence le 17 janvier 1991. Après plusieurs semaines de bombardements, l’offensive terrestre lancée le 24 février libère rapidement le Koweït ; le cessez-le-feu intervient le 28 février.

La guerre semble incarner le nouvel ordre international : mandat onusien, coalition large, objectif limité et coopération entre Washington et Moscou. Pourtant, Saddam Hussein reste au pouvoir et l’Irak demeure soumis à des sanctions et à des dispositifs de contrôle. La crise n’ouvre donc pas une stabilité durable au Moyen-Orient ; elle inaugure une longue présence militaire américaine dans la région. La résolution 687 du 3 avril 1991 organise ensuite le cessez-le-feu et impose à l’Irak un régime de désarmement et de sanctions qui pèsera sur toute la décennie.