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FICHE 10 / 238

L’opération Tempête du désert : démonstration de la supériorité militaire américaine

Desert Storm frappe les observateurs par l’ampleur de la supériorité technologique et opérationnelle américaine. À partir du 17 janvier 1991, la coalition mène une campagne aérienne massive contre les défenses, les centres de commandement, les infrastructures militaires et les forces irakiennes. Les avions furtifs, les missiles de croisière, le guidage de précision et les capacités de renseignement donnent l’image d’une guerre profondément transformée par l’électronique et l’information.

L’offensive terrestre, lancée le 24 février, dure environ cent heures. La manœuvre contourne une grande partie des défenses irakiennes et détruit rapidement les unités engagées au Koweït. La victoire confirme la qualité de la logistique, de l’entraînement interarmées et du commandement américain. Elle nourrit dans les années 1990 le débat sur une « révolution dans les affaires militaires », selon laquelle la maîtrise de l’information et des frappes de précision permettrait de gagner plus vite avec moins de pertes.

Cette lecture doit être nuancée. L’Irak affronte une coalition très supérieure et son armée est affaiblie par la guerre contre l’Iran. Une victoire conventionnelle spectaculaire ne résout pas les problèmes politiques d’un conflit : Saddam Hussein survit, les révoltes chiites et kurdes sont réprimées et l’endiguement de l’Irak se prolonge pendant plus d’une décennie. La démonstration militaire américaine est donc réelle sans constituer une preuve d’omnipotence stratégique. La victoire de 1991 nourrit durablement l’idée qu’une supériorité technologique peut raccourcir la guerre, hypothèse que les conflits ultérieurs nuanceront fortement.