NavigationRetour à l’espace fiches
FICHE 05 / 238

George H. W. Bush et le « nouvel ordre mondial » : l’espoir d’un système international fondé sur le droit et le multilatéralisme

Le 11 septembre 1990, alors que l’Irak vient d’envahir le Koweït, George H. W. Bush présente devant le Congrès sa vision d’un « nouvel ordre mondial ». Il ne s’agit pas d’un projet institutionnel entièrement défini, mais d’une ambition : remplacer la paralysie de la guerre froide par une coopération des grandes puissances au sein de l’ONU, faire respecter la souveraineté des États et répondre collectivement aux agressions. L’amélioration temporaire des relations américano-soviétiques rend cette perspective crédible.

La crise du Golfe semble confirmer ce modèle. Le Conseil de sécurité condamne l’invasion du Koweït, impose des sanctions puis autorise, par la résolution 678 du 29 novembre 1990, l’usage de « tous les moyens nécessaires » si l’Irak ne se retire pas avant le 15 janvier 1991. La coalition dirigée par Washington agit donc avec une base juridique internationale large. Après la libération du Koweït, les États-Unis s’abstiennent de marcher sur Bagdad, respectant le mandat centré sur le rétablissement de la souveraineté koweïtienne.

L’optimisme est pourtant de courte durée. Les divergences entre puissances réapparaissent, tandis que les crises de Somalie, du Rwanda et des Balkans révèlent la difficulté à transformer un accord ponctuel entre grandes puissances en mécanisme stable de sécurité collective. Le « nouvel ordre mondial » reste une aspiration plus qu’un système achevé. Le projet de Bush reste ainsi fidèle à la Charte des Nations unies : il cherche moins à créer de nouvelles institutions qu’à faire fonctionner celles de 1945 dans un contexte transformé.