L’expression « ordre international libéral » désigne généralement l’ensemble d’institutions, de règles et d’alliances développées après 1945 puis élargies après 1991 : ONU, institutions de Bretton Woods, libre-échange, alliances occidentales et promotion des droits humains. Les États-Unis jouent un rôle central dans sa construction, mais cet ordre associe des principes différents et parfois contradictoires : souveraineté, multilatéralisme, marchés ouverts et démocratie.
Après la guerre froide, beaucoup pensent que cet ensemble peut devenir véritablement universel. L’élargissement de l’Union européenne, l’OMC et la démocratisation de nombreux États semblent aller dans ce sens. Les critiques soulignent pourtant que les règles ont été largement définies par les puissances occidentales et qu’elles sont appliquées de manière inégale. La guerre d’Irak de 2003 nourrit particulièrement l’accusation de double standard.
La Chine et la Russie ne rejettent pas toutes les institutions existantes : elles utilisent l’ONU, le commerce mondial ou les organisations financières, tout en contestant certaines normes politiques et l’influence américaine. L’enjeu n’est donc pas simplement « ordre contre chaos », mais la négociation de règles dont la légitimité dépend de leur représentativité et de leur application. L’ordre dit « libéral » associe en réalité plusieurs dimensions — ouverture économique, institutions multilatérales, alliances occidentales et normes politiques — qui n’ont ni la même origine ni le même degré d’universalité.
