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FICHE 237 / 238

Le retour des rapports de force : les limites de l’optimisme des années 1990

Les années 1990 sont souvent associées à l’idée d’une diffusion de la démocratie, du commerce et du multilatéralisme. Cette tendance est réelle, mais elle ne fait jamais disparaître les rapports de force. Les guerres de Yougoslavie, le génocide des Tutsi ou les conflits du Caucase montrent dès cette décennie que la violence armée demeure centrale dans plusieurs régions.

À partir des années 2000, la contestation devient plus visible. Les attentats du 11 septembre replacent la sécurité au premier plan. La Russie utilise la force en Géorgie en 2008 puis annexe la Crimée en 2014. La Chine accroît sa puissance militaire et ses revendications maritimes. Les États-Unis eux-mêmes recourent massivement à la force en Afghanistan et en Irak. La coopération économique peut donc coexister avec une rivalité stratégique croissante.

Parler de « retour » des rapports de force est en partie trompeur : ils n’avaient jamais disparu. Ce qui change est l’équilibre entre institutions coopératives et compétition de puissance. La période postérieure à 1991 apparaît alors moins comme une parenthèse pacifique que comme une transition entre un moment de domination occidentale et un système plus disputé. L’annexion de la Crimée en 2014, la militarisation des rivalités en Asie et le retour des sanctions économiques montrent que l’interdépendance ne supprime pas la coercition ; elle peut même lui fournir de nouveaux instruments.