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FICHE 95 / 238

La guerre russo-géorgienne de 2008 : retour de la force dans l’espace postsoviétique

Depuis les années 1990, les régions géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud échappent largement au contrôle de Tbilissi et bénéficient d’un soutien russe. L’arrivée au pouvoir de Mikheïl Saakachvili après la révolution des Roses de 2003 rapproche la Géorgie de l’OTAN et accentue les tensions avec Moscou. Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, les forces géorgiennes lancent une offensive sur Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud, après une montée des affrontements locaux.

La réponse russe est massive et rapide. Les troupes russes repoussent l’armée géorgienne, entrent au-delà des territoires séparatistes puis un cessez-le-feu négocié par la présidence française de l’Union européenne met fin aux combats. Moscou reconnaît ensuite l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, reconnaissance suivie par très peu d’États. La guerre montre que la Russie est prête à utiliser directement sa force militaire pour empêcher une modification de l’équilibre dans son voisinage et contester l’extension stratégique occidentale.

Une commission internationale mandatée par l’Union européenne conclura en 2009 que l’offensive géorgienne sur Tskhinvali déclenche la phase ouverte de la guerre, tout en replaçant cet acte dans une longue montée des provocations et interventions. La causalité immédiate ne résume donc pas la responsabilité historique globale.