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FICHE 86 / 238

La « thérapie de choc » russe : libéralisation économique et bouleversement social

À partir de janvier 1992, le gouvernement d’Egor Gaïdar libéralise rapidement une grande partie des prix et engage la stabilisation macroéconomique. L’objectif est de sortir d’une économie soviétique caractérisée par les pénuries, les prix administrés et les entreprises publiques. La réforme s’inscrit dans une stratégie souvent qualifiée de « thérapie de choc », même si les politiques effectivement appliquées sont moins cohérentes que ce terme ne le suggère.

La libération des prix provoque une inflation très forte qui détruit une grande partie de l’épargne. La production chute pendant plusieurs années, tandis que l’État tarde à construire un système fiscal, bancaire et juridique adapté. Les défenseurs des réformes soulignent l’absence d’alternative facile après l’effondrement de l’économie soviétique ; leurs critiques insistent sur la vitesse des privatisations et la faiblesse des institutions. Le débat porte donc moins sur le principe du marché que sur l’ordre dans lequel libéralisation, stabilisation et construction institutionnelle auraient dû être conduites.

Le cas russe souligne ainsi l’importance du cadre institutionnel d’une transition économique. Créer des prix libres et des propriétaires privés ne suffit pas si la justice, la concurrence, le crédit et la fiscalité restent incapables d’encadrer durablement les nouveaux marchés. Les réformes commencent dès janvier 1992 sous l’impulsion d’Egor Gaïdar ; leur rythme et leur séquençage restent débattus, notamment parce que libéralisation des prix et privatisations précèdent la consolidation de l’État de droit.