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FICHE 16 / 80

Les privatisations : le recul relatif de l’État producteur dans les économies occidentales

Après 1945, de nombreux pays européens avaient constitué un important secteur public dans l’énergie, les transports, les télécommunications ou la banque. À partir des années 1980, plusieurs gouvernements remettent en cause cette présence directe de l’État dans la production. Le Royaume-Uni de Margaret Thatcher mène le programme le plus spectaculaire, mais des opérations de privatisation apparaissent aussi en France après 1986, en Italie, en Espagne et dans d’autres économies développées.

Les justifications sont multiples. Les gouvernements espèrent améliorer l’efficacité des entreprises en les soumettant davantage à la concurrence et aux exigences des investisseurs. Les ventes d’actifs procurent aussi des recettes budgétaires et peuvent élargir l’actionnariat privé. Dans certains secteurs, la privatisation s’accompagne d’une libéralisation permettant l’entrée de nouveaux concurrents ; dans d’autres, un monopole public devient simplement un opérateur privé régulé, ce qui pose la question du contrôle des tarifs et de la qualité du service. Privatiser et libéraliser ne sont d’ailleurs pas synonymes : une entreprise peut devenir privée tout en conservant un monopole, ce qui rend la qualité de la régulation décisive.

Le mouvement modifie surtout la frontière entre État et marché. L’État cesse parfois d’être propriétaire tout en conservant un rôle de régulateur, de financeur ou de garant. Les résultats varient selon les secteurs : la concurrence peut améliorer la productivité là où elle est réellement possible, tandis que les réseaux naturels exigent un cadre réglementaire solide. Les privatisations deviennent ainsi l’un des symboles du tournant libéral sans signifier la disparition de l’intervention publique.