Lorsque Margaret Thatcher devient Première ministre en mai 1979, le Royaume-Uni sort d’une décennie marquée par inflation, faible croissance, conflits sociaux et difficultés industrielles. Le gouvernement travailliste avait même dû solliciter le FMI en 1976. Thatcher considère que ces problèmes résultent en partie d’un État trop interventionniste, de syndicats trop puissants et d’une économie insuffisamment exposée à la concurrence. Son projet dépasse donc la gestion de crise : il vise à modifier les règles du capitalisme britannique. L’abolition des contrôles des changes en octobre 1979 illustre d’emblée cette volonté d’ouvrir davantage l’économie britannique aux mouvements de capitaux.
Les premières années donnent la priorité à la désinflation et au contrôle monétaire. La récession de 1980-1981 provoque une forte hausse du chômage et accélère le recul de l’industrie traditionnelle. À partir du milieu de la décennie, les privatisations deviennent emblématiques : British Telecom, British Gas ou British Airways passent au secteur privé. Le gouvernement limite aussi le pouvoir syndical par plusieurs lois successives. La victoire sur les mineurs après la grève de 1984-1985 constitue un tournant politique majeur.
La dérégulation financière du « Big Bang » de 1986 renforce la City et ouvre davantage les marchés britanniques aux capitaux internationaux. En parallèle, la vente de logements sociaux à leurs occupants cherche à diffuser la propriété privée. Le bilan reste débattu : inflation maîtrisée et secteurs de services dynamiques d’un côté, chômage, fractures régionales et désindustrialisation de l’autre. Thatcher transforme durablement le cadre des politiques britanniques, au point que plusieurs de ses réformes sont conservées par les travaillistes après 1997.
