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La révolution informatique : automatisation, productivité et naissance d’une économie de l’information

Le microprocesseur, mis au point au début des années 1970, ouvre une nouvelle phase de l’informatique. Les ordinateurs, auparavant concentrés dans les administrations et les grandes entreprises, deviennent progressivement plus petits et moins coûteux. Apple commercialise l’Apple II en 1977 ; IBM lance son PC en 1981. Dans les usines, la commande numérique, les robots et les logiciels modifient l’organisation de la production. Dans les bureaux, le traitement de texte et les bases de données transforment les tâches administratives.

Les effets économiques sont progressifs. Les entreprises doivent réorganiser leurs méthodes de travail avant de tirer pleinement parti des nouvelles technologies, ce qui explique que les gains de productivité ne soient pas immédiatement spectaculaires. L’informatique favorise néanmoins l’automatisation de tâches répétitives et accroît la demande de compétences techniques. Elle permet aussi de coordonner des réseaux de production géographiquement dispersés, ce qui renforce la mondialisation. Le paradoxe formulé par Robert Solow en 1987 — les ordinateurs sont visibles partout sauf dans les statistiques de productivité — rappelle que l’effet macroéconomique d’une technologie peut être retardé par le temps nécessaire à la réorganisation des entreprises.

La Silicon Valley devient le symbole d’un nouveau modèle d’innovation associant universités, capital-risque et entreprises technologiques. Les télécommunications numériques et les premiers réseaux préparent l’économie connectée des années 1990. La révolution informatique des années 1970-1980 ne doit donc pas être lue avec les yeux d’Internet : elle est d’abord une transformation du calcul, de l’automatisation et de la circulation de l’information au sein des organisations.