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FICHE 17 / 80

La mondialisation productive : délocalisations, chaînes de valeur et nouvelle division internationale du travail

Dans les années 1970 et 1980, la mondialisation ne concerne plus seulement les échanges de produits finis. Les entreprises commencent à fragmenter davantage leurs processus de production entre plusieurs pays. Une conception peut être réalisée aux États-Unis ou au Japon, certains composants fabriqués en Asie orientale, puis l’assemblage effectué dans un autre territoire. La baisse des coûts de transport, la conteneurisation et les progrès des télécommunications rendent cette organisation plus facile.

Les écarts de salaires jouent un rôle, mais ils ne suffisent pas à expliquer les choix d’implantation. Les firmes recherchent aussi infrastructures, stabilité politique, compétences, accès aux marchés et réseaux de fournisseurs. Les « dragons » asiatiques puis certaines régions chinoises deviennent des pôles manufacturiers majeurs. Après l’accord du Plaza de 1985, l’appréciation du yen pousse par exemple des entreprises japonaises à investir davantage en Corée du Sud, à Taïwan et en Asie du Sud-Est.

Cette nouvelle division internationale du travail transforme les économies occidentales. Les activités standardisées sont plus facilement déplacées, tandis que la conception, la finance, la recherche et les services prennent davantage de poids dans les métropoles. Les consommateurs bénéficient de biens moins coûteux, mais certains territoires industriels subissent des pertes d’emplois concentrées. La mondialisation productive crée donc des gains agrégés et des coûts locaux qui deviennent politiquement visibles bien avant les controverses des années 2000. Cette fragmentation existe déjà dans les années 1980, mais les chaînes de valeur véritablement mondiales prennent une ampleur bien supérieure dans les années 1990 et 2000. Il faut donc voir ici une phase d’accélération et de préparation, non l’achèvement du phénomène.