La mondialisation contemporaine repose sur des infrastructures très matérielles. La diffusion du conteneur standardisé, amorcée dans les années 1950 puis généralisée à partir des décennies suivantes, transforme le transport maritime. Les marchandises passent du navire au train ou au camion sans être déchargées pièce par pièce, ce qui réduit considérablement les coûts, les délais et les pertes.
Cette révolution logistique s’accompagne de ports géants, de navires porte-conteneurs toujours plus importants, d’entrepôts automatisés et de systèmes informatiques capables de suivre les flux en temps réel. Des hubs comme Shanghai, Singapour, Rotterdam ou Los Angeles deviennent des nœuds stratégiques. La logistique permet alors aux entreprises de fonctionner avec des stocks réduits et d’organiser des productions en « juste-à-temps » sur plusieurs continents.
Cette efficacité crée aussi de nouvelles dépendances. Le blocage du canal de Suez par l’Ever Given en mars 2021, les fermetures portuaires ou les tensions en mer Rouge rappellent que quelques détroits et infrastructures concentrent une part considérable des échanges. La mondialisation n’abolit donc pas la géographie : elle donne au contraire une importance accrue aux ports, détroits, routes maritimes et capacités logistiques capables de connecter les territoires.
