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FICHE 133 / 238

La mondialisation contestée : Seattle, altermondialisme et critique du libre-échange

À la fin des années 1990, la mondialisation économique suscite une contestation transnationale. Lors de la conférence ministérielle de l’OMC à Seattle en novembre-décembre 1999, syndicats, associations écologistes, ONG et militants de sensibilités diverses manifestent contre un ordre commercial qu’ils jugent insuffisamment démocratique et social. Les affrontements policiers donnent à la mobilisation une forte visibilité internationale.

Le mouvement dit altermondialiste ne rejette pas nécessairement toute mondialisation. Il critique davantage une mondialisation gouvernée principalement par la concurrence, les marchés financiers et les grandes entreprises. Des revendications portent sur la protection des travailleurs, l’environnement, l’allégement de la dette des pays pauvres ou la taxation des transactions financières. Les forums sociaux mondiaux, à partir de Porto Alegre en 2001, cherchent à construire des alternatives.

Ces mobilisations contribuent à déplacer le débat public. Des institutions comme la Banque mondiale ou le FMI intègrent davantage les enjeux de pauvreté, de gouvernance et de protection sociale dans leur discours. La contestation évolue ensuite : dans les années 2010, une partie des critiques de la mondialisation vient aussi de mouvements souverainistes ou nationalistes, montrant que l’opposition à l’ouverture économique peut s’appuyer sur des traditions politiques très différentes. Les manifestations de Seattle en 1999 visent moins les échanges internationaux en eux-mêmes que les règles sociales, environnementales et démocratiques de leur organisation.