La crise de 2008 naît d’un ensemble de fragilités accumulées aux États-Unis : crédit immobilier abondant, hausse durable des prix du logement, prêts risqués et titrisation qui diffuse ces créances dans le système financier. Lorsque les prix immobiliers baissent à partir de 2006-2007, les défauts augmentent et il devient difficile d’évaluer la valeur de nombreux actifs financiers.
La faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 transforme une crise financière en panique systémique. Les banques hésitent à se prêter entre elles, le crédit se contracte et les marchés chutent. Les gouvernements garantissent des banques, injectent des capitaux et les banques centrales abaissent fortement leurs taux. La crise se transmet rapidement à l’économie réelle : commerce mondial, investissement et emploi reculent dans de nombreux pays.
L’événement remet en cause l’idée selon laquelle des marchés financiers sophistiqués dispersent nécessairement les risques. Il entraîne un renforcement de la réglementation bancaire, notamment avec les accords de Bâle III, et pousse les banques centrales vers des politiques monétaires non conventionnelles. Ses conséquences politiques sont durables : dette publique accrue, sentiment d’injustice face aux sauvetages bancaires et montée de critiques contre les élites économiques.
