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FICHE 135 / 238

La désindustrialisation des économies occidentales : mondialisation, technologie et recomposition productive

Depuis les années 1970, la part de l’emploi industriel recule dans la plupart des économies occidentales. Le phénomène s’accélère ou devient plus visible avec la mondialisation des années 1990-2000, mais il ne s’explique pas par une seule cause. Les gains de productivité permettent de produire davantage avec moins de travailleurs, tandis que la consommation se déplace progressivement vers les services.

La concurrence internationale joue néanmoins un rôle important dans certains territoires et secteurs. L’intégration de la Chine à l’économie mondiale accroît la pression sur les industries exposées aux importations, notamment aux États-Unis et en Europe. Les entreprises délocalisent aussi certaines étapes de production. Dans le même temps, une partie de l’industrie devient plus automatisée et plus intensive en compétences, ce qui réduit les emplois peu qualifiés sans faire disparaître toute production manufacturière.

Les effets sont géographiquement concentrés. Une fermeture d’usine peut fragiliser durablement un bassin d’emploi, les commerces locaux et les recettes publiques. La désindustrialisation devient ainsi un phénomène politique autant qu’économique. Depuis les années 2010, les politiques de réindustrialisation et de souveraineté productive cherchent à corriger certaines dépendances, mais elles se heurtent aux coûts, aux compétences disponibles et à l’intégration persistante des chaînes de valeur mondiales. Les travaux sur le « China shock » montrent des effets locaux durables du commerce, mais la productivité et l’automatisation expliquent également une part importante de la baisse de l’emploi industriel occidental.