La libéralisation financière et la mobilité des capitaux favorisent l’essor de juridictions offrant une fiscalité faible, un haut degré de confidentialité ou des montages juridiques souples. Les paradis fiscaux ne sont pas seulement de petites îles : certaines grandes places financières proposent elles aussi des régimes facilitant l’optimisation fiscale ou la circulation de capitaux internationaux.
Entreprises et particuliers peuvent utiliser des filiales, holdings, trusts ou sociétés écrans pour déplacer juridiquement des revenus et des actifs. Ces mécanismes ne sont pas tous illégaux. Ils deviennent problématiques lorsqu’ils permettent une évasion fiscale, du blanchiment ou un découplage massif entre le lieu où l’activité économique est réalisée et celui où les bénéfices sont déclarés. La mondialisation financière rend donc plus difficile l’exercice d’une souveraineté fiscale strictement nationale.
Depuis la crise de 2008, les États renforcent la coopération. Échanges automatiques d’informations, listes de juridictions non coopératives et projet de taxation minimale des multinationales visent à limiter la concurrence fiscale la plus agressive. Les « Panama Papers » de 2016 ont également rendu ces pratiques visibles au grand public. Le problème illustre une tension centrale de la mondialisation : les capitaux circulent mondialement alors que l’impôt demeure principalement levé par des États. La mondialisation financière accroît l’intérêt des juridictions à fiscalité faible, mais la frontière entre optimisation licite, évasion et fraude dépend des règles nationales et internationales applicables.
