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FICHE 134 / 238

Les inégalités dans la mondialisation : convergence entre États et fractures internes

La mondialisation produit des effets contrastés sur les inégalités. Entre les années 1990 et 2010, la croissance rapide de la Chine, de l’Inde et d’autres pays émergents réduit fortement l’écart moyen de revenu entre certaines régions du monde. Des centaines de millions de personnes sortent de l’extrême pauvreté, même si les trajectoires nationales restent très différentes.

Dans le même temps, les inégalités peuvent augmenter à l’intérieur des États. Les travailleurs qualifiés, détenteurs de capital ou habitants des grandes métropoles profitent souvent davantage de l’ouverture, tandis que certains secteurs industriels exposés à la concurrence internationale connaissent des pertes d’emplois. Les politiques fiscales, éducatives et sociales jouent ici un rôle décisif : des pays soumis aux mêmes forces mondiales peuvent connaître des évolutions distributives très différentes.

Il est donc trompeur d’attribuer toute hausse des inégalités à la mondialisation. Le changement technologique, les institutions du marché du travail, la fiscalité et les politiques publiques comptent également. L’enjeu historique est la dissociation entre une convergence partielle des revenus moyens entre pays et une polarisation politique souvent alimentée par les écarts internes de patrimoine, de qualification et de territoire. La « courbe de l’éléphant » de Branko Milanovic porte principalement sur l’évolution des revenus mondiaux entre 1988 et 2008 : elle éclaire une période précise plutôt qu’une loi universelle de la mondialisation.