Après l’annexion de la Crimée, des mouvements séparatistes armés apparaissent dans les régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk. En avril 2014, ils proclament des « républiques populaires ». Kiev lance une opération militaire pour reprendre le contrôle. La Russie soutient les séparatistes par des armes, des personnels, du renseignement et, à certains moments décisifs, par l’engagement direct d’unités, tout en maintenant longtemps une ambiguïté officielle sur l’ampleur de son implication.
Le conflit associe donc guerre conventionnelle, opérations clandestines, propagande et pression économique, d’où l’usage fréquent du terme de « guerre hybride ». Celui-ci ne doit pourtant pas masquer la réalité d’affrontements militaires de haute intensité, notamment à Ilovaïsk en 2014 et Debaltseve en 2015. Le front se stabilise ensuite sans règlement politique. Le Donbass transforme durablement la relation entre Russie et Ukraine et prépare un environnement de confrontation qui ne peut être expliqué par la seule annexion de la Crimée.
La destruction du vol MH17 en juillet 2014, attribuée par l’enquête internationale à un missile Buk provenant d’une unité russe, donne au conflit une dimension mondiale. Elle contribue au durcissement des sanctions européennes contre Moscou. Le conflit combine acteurs séparatistes locaux, implication militaire russe, soutien occidental à Kiev et guerre informationnelle, ce qui explique l’usage fréquent mais imparfait de la notion de « guerre hybride ».
