Deux accords négociés à Minsk cherchent à mettre fin à la guerre du Donbass. Minsk I, signé en septembre 2014, prévoit un cessez-le-feu rapidement violé. Après de nouveaux combats, Minsk II est conclu le 12 février 2015 par l’Ukraine, la Russie, l’OSCE et les représentants des territoires séparatistes, avec l’appui diplomatique de la France et de l’Allemagne dans le « format Normandie ». Il prévoit cessez-le-feu, retrait des armes lourdes, réforme constitutionnelle ukrainienne et rétablissement du contrôle de la frontière.
Le texte contient cependant une ambiguïté majeure sur l’ordre des étapes. Kiev souhaite d’abord la sécurité et le contrôle frontalier ; Moscou et les séparatistes insistent sur les mesures politiques et le statut spécial. Les combats diminuent mais ne cessent jamais complètement. Chaque camp accuse l’autre de bloquer l’application. Les accords gèlent partiellement la guerre sans résoudre la question de souveraineté. Ils illustrent les limites d’une diplomatie lorsque les parties ne partagent ni le diagnostic du conflit ni l’objectif politique final.
Le Conseil de sécurité endosse Minsk II par la résolution 2202 du 17 février 2015, ce qui lui donne un poids diplomatique supplémentaire sans résoudre ses ambiguïtés. L’existence d’un texte reconnu ne suffit donc pas à produire une interprétation commune de ses obligations. Minsk I est signé en septembre 2014 et Minsk II en février 2015 ; leur échec tient notamment à l’interdépendance entre cessez-le-feu, contrôle de la frontière et réforme politique ukrainienne.
