Après l’effondrement soviétique, la Tchétchénie proclame son indépendance sous Djokhar Doudaïev. Moscou refuse cette sécession d’une république appartenant juridiquement à la Fédération de Russie. En décembre 1994, l’armée russe intervient. La première guerre révèle de graves faiblesses militaires et politiques ; les accords de Khassaviourt d’août 1996 mettent fin aux combats sans régler définitivement le statut de la Tchétchénie.
Une seconde guerre commence en 1999 après des incursions de combattants islamistes au Daghestan et une série d’attentats en Russie dont les autorités attribuent la responsabilité à des réseaux tchétchènes. Vladimir Poutine fait de la restauration de l’autorité fédérale un élément central de son ascension. Grozny est reprise en 2000 et Moscou installe progressivement un pouvoir tchétchène loyal, dominé ensuite par Ramzan Kadyrov. La victoire militaire renforce l’État russe, mais au prix d’une forte centralisation et d’un système local autoritaire.
La « tchétchénisation » du conflit permet ensuite à Moscou de transférer une partie du contrôle à des forces locales loyales. Cette solution réduit le coût militaire direct pour l’armée fédérale tout en installant un pouvoir régional particulièrement personnalisé. La première guerre de Tchétchénie s’achève en 1996 sans règlement définitif ; la seconde, ouverte en 1999, accompagne au contraire la restauration d’un pouvoir fédéral beaucoup plus coercitif.
