Rechercher une information, héberger un document ou diffuser une vidéo passe fréquemment par les infrastructures de quelques grandes entreprises américaines. Des sociétés comme Alphabet, Microsoft, Amazon, Apple ou Meta contrôlent des services utilisés quotidiennement pour rechercher, stocker, produire ou diffuser des informations. Leur puissance repose sur les effets de réseau, la maîtrise de données, les investissements en recherche et la capacité à proposer des infrastructures difficiles à remplacer. Les plateformes ne se contentent donc pas d’héberger des contenus : elles contribuent à organiser leur visibilité et leur circulation.
Cette concentration économique leur procure également une influence sur les échanges internationaux d’informations. Les entreprises du cloud fournissent des services à des administrations, des universités et des entreprises situées sur plusieurs continents. Les moteurs de recherche et les plateformes sociales influencent l’accès aux sources d’information, tandis que les systèmes d’exploitation et les boutiques d’applications déterminent certaines conditions d’entrée sur les marchés numériques. Les autorités publiques cherchent à limiter les abus de position dominante et à protéger les données personnelles, notamment par des réglementations européennes. La position d’intermédiaire des plateformes leur permet aussi de fixer des conditions d’utilisation et de modifier les règles de visibilité des contenus. Les pouvoirs publics doivent alors arbitrer entre protection des usagers, liberté d’expression et préservation d’une concurrence effective.
La puissance des plateformes dépend pourtant d’institutions publiques, de règles de concurrence et d’infrastructures collectives. Ces entreprises dépendent d’infrastructures, de marchés, de contrats publics et de cadres juridiques nationaux. Leurs intérêts peuvent converger avec ceux de Washington, mais aussi entrer en tension avec les choix gouvernementaux. Leur place stratégique résulte de la maîtrise d’interfaces et de services indispensables à de nombreux usagers, davantage que d’un pouvoir autonome sur l’ensemble du cyberespace.
