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FICHE 188

La souveraineté numérique : maîtriser les données, les infrastructures et les choix technologiques

Explorer ce thème dans le cours : Le cyberespace, entre réseaux et territoires : infrastructures, acteurs, liberté ou contrôle des données

La souveraineté numérique se mesure moins à la fermeture des frontières qu’à la capacité de choisir ses technologies et de protéger ses fonctions essentielles. Elle ne signifie pas nécessairement produire tous les composants sur son territoire. Elle implique plutôt de comprendre les dépendances, de protéger les fonctions essentielles et de disposer de marges de décision. Cette préoccupation s’est renforcée avec la généralisation du cloud, l’importance des semi-conducteurs, les cybermenaces et la concentration de certains marchés.

Les États disposent de plusieurs instruments pour réduire certaines dépendances. Les pouvoirs publics peuvent soutenir la recherche, diversifier leurs fournisseurs, fixer des règles de protection des données et développer des compétences en cybersécurité. L’Union européenne a notamment adopté le règlement général sur la protection des données et engagé plusieurs politiques de régulation des plateformes. Les États doivent cependant arbitrer entre sécurité, innovation, ouverture des échanges et coût des solutions nationales. Une exigence de localisation des données ne garantit pas, à elle seule, leur protection. La dépendance peut prendre des formes différentes : composants importés, logiciels propriétaires, centres de données externalisés ou compétences rares. Pour chaque fonction, l’autonomie suppose d’identifier les risques d’interruption et les possibilités réelles de remplacement des fournisseurs.

L’autonomie technologique absolue demeure difficile dans des chaînes de production profondément internationalisées. Les chaînes de valeur associent des chercheurs, des fabricants et des opérateurs installés dans de nombreux pays. La coopération internationale demeure indispensable pour assurer l’interopérabilité des réseaux et répondre aux menaces transfrontalières. Une stratégie crédible privilégie la diversification, la fiabilité des services et la capacité de négocier des règles communes, plutôt que la seule localisation nationale des équipements.