NavigationRetour à l’espace fiches

Le « capitalisme fossile » décrit la dépendance historique de l’industrialisation et de la croissance à l’égard du charbon, puis du pétrole et du gaz. Cette notion souligne que l’industrialisation ne procède pas seulement d’inventions techniques : elle s’inscrit dans des choix d’investissement, de propriété, de transport et de travail. Au XIXe siècle, les entrepreneurs privilégient des machines et des infrastructures capables de soutenir une production intensive et de dégager des profits. La disponibilité d’une énergie concentrée contribue à cette évolution, sans constituer à elle seule une explication suffisante de la révolution industrielle.

Le recours aux combustibles fossiles présente des avantages pratiques : ils peuvent être stockés, transportés et utilisés à la demande, contrairement à certaines énergies dépendantes des conditions météorologiques. Les réseaux ferroviaires, les ports pétroliers, les raffineries et les centrales thermiques créent ensuite des interdépendances durables. Les États soutiennent souvent ces infrastructures pour des raisons de puissance industrielle, d’indépendance énergétique ou de sécurité militaire. Au XXe siècle, l’automobile et l’aviation renforcent encore cette dépendance, tandis que les chaînes d’approvisionnement mondiales favorisent les échanges à longue distance. Cette dépendance est aussi institutionnelle : infrastructures, normes de production, investissements et habitudes de consommation se sont construits autour d’énergies concentrées et transportables. En sortir engage donc une transformation des systèmes économiques, pas seulement un remplacement de machines.

Les combustibles fossiles ont permis une production d’énergie dense et disponible, autour de laquelle se sont organisés les transports, l’industrie et une grande partie de la consommation moderne. Les infrastructures possèdent une longue durée de vie et rendent coûteuse une transformation rapide des systèmes. La sortie de cette dépendance implique donc des investissements, des changements techniques et des choix collectifs sur les usages de l’énergie. La notion de capitalisme fossile attire l’attention sur ces structures historiques, sans réduire toute l’explication du changement climatique à une seule forme d’organisation économique.